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CSH HEC : l'économie du donut, la grille de lecture qui nourrit ta réflexion et te fait gagner des points auprès du jury
- L'économie du donut est une théorie de l'économiste britannique Kate Raworth (université d'Oxford), formulée dès 2012. Ce n'est pas le fruit d'une recherche d'école française.
- Elle pose deux frontières : un plancher social (le seuil de besoins humains essentiels sous lequel personne ne devrait tomber) et un plafond écologique (les limites de la planète à ne pas dépasser).
- Entre les deux, l'anneau du donut dessine un espace « sûr et juste » où l'humanité peut prospérer.
- C'est une grille de lecture à utiliser à l'oral d'HEC, pas une fiche à réciter : un outil pour penser durabilité, croissance et RSE devant le jury, et montrer que tu réfléchis au lieu de réciter une fiche.
Tu as sûrement déjà vu ce schéma quelque part, sur une diapositive, dans un article, peut-être chez un prof. Une forme de beignet, deux cercles, des mots un peu partout. Et tu t'es dit que ça ferait bon effet dans un oral de culture générale. C'est précisément là qu'est le piège. Une idée que l'on récite ne prouve rien. Une idée que l'on mobilise, en revanche, change la façon dont le jury te perçoit.
Je te propose donc de faire le tour de l'économie du donut, de bien comprendre d'où vient cette théorie, ce qu'elle signifie vraiment, puis de voir comment elle peut devenir un réflexe de pensée, plutôt qu'un morceau de cours à réciter. Parce que le jury ne te notera pas sur ce que tu sais, il te notera sur ce que tu sais en faire.
D'où vient l'économie du donut, et qui est Kate Raworth ?
Commençons par le b.a.-ba, parce que l'attribution compte. L'économie du donut est née de la réflexion de Kate Raworth, économiste britannique rattachée à l'université d'Oxford. Elle l'esquisse en 2012 dans un rapport pour Oxfam au titre limpide, « A Safe and Just Space for Humanity », puis la déploie en 2017 dans son livre « Doughnut Economics: Seven Ways to Think Like a 21st-Century Economist ».
Pourquoi j'insiste sur le nom et les dates ? Parce que rien ne décrédibilise plus vite qu'une référence floue ou mal attribuée. Si tu dis « il paraît qu'une école a théorisé ça », tu coules. Si tu dis « Kate Raworth, économiste à Oxford, propose en 2012 de repenser nos modèles », tu poses une autorité. La précision n'est pas un détail, c'est un signal.
Que dit la théorie du donut : plancher social et plafond écologique ?
Imagine deux cercles concentriques, l'un dans l'autre, comme un donut vu du dessus.
Le cercle intérieur, c'est le plancher social. Sous cette ligne, une partie de l'humanité est privée de l'essentiel : nourriture, eau, santé, éducation, logement, énergie. Raworth en liste douze dimensions, qu'elle connecte directement aux Objectifs de développement durable adoptés par les États en 2015. L'idée est simple : aucune société ne devrait laisser ses membres tomber sous ce seuil.
Le cercle extérieur, c'est le plafond écologique. Au-dessus, on abîme la planète au point de dérégler les systèmes qui rendent la vie possible. Raworth s'appuie ici sur les neuf limites planétaires identifiées par Johan Rockström et son équipe : changement climatique, perte de biodiversité, acidification des océans, entre autres. Franchir ces limites, c'est jouer avec des points de bascule irréversibles.
Et l'anneau, le donut lui-même, c'est l'espace entre les deux. Un espace « sûr et juste » où les besoins de tous sont couverts sans saccager la planète. La provocation de Raworth tient en une idée : aujourd'hui, aucun pays au monde ne vit dans le donut. Aucun ne nourrit dignement tout son peuple sans dépasser les limites écologiques. C'est cette tension qui rend l'idée si féconde devant un jury.
Pourquoi maîtriser l'économie du donut est un atout à l'oral de culture générale d'HEC ?
Le grand piège de la culture générale, c'est de croire que l'on est noté sur le stock. Sur le nombre d'auteurs, de dates, de concepts que l'on parvient à débiter. Il ne s'agit pas de réciter, il s'agit de penser devant le jury. Et l'économie du donut est parfaite pour ça, parce que ce n'est pas une réponse, c'est une question posée en forme de schéma.
Quand on te lance un sujet sur la croissance, sur la transition écologique, sur le rôle de l'entreprise, tu peux dégainer le donut non pas comme une définition, mais comme un cadre de pensée. « Si je regarde ce sujet à travers l'économie du donut, alors la vraie question devient : comment couvrir les besoins de tous sans franchir les limites planétaires ? » Tu transformes une question fermée en réflexion ouverte. C'est exactement ce que cherche un jury.
J'en dis plus sur cette mécanique dans la culture générale à l'oral sans réciter, parce que c'est un réflexe qui se travaille et qui s'applique à bien d'autres notions que celle-ci.
C'est à l'oral de culture et sciences humaines (CSH) d'HEC que cette grille brille le plus, parce que l'épreuve te demande précisément de penser un sujet, pas de le réciter. Mais le réflexe se transpose : dès qu'un sujet de société tombe à l'oral d'une ESSEC, d'une ESCP ou d'une EM Lyon, tu peux le mobiliser de la même façon.
Sur quels sujets d'oral l'économie du donut fait-elle mouche ?
Prenons trois terrains classiques d'oral, juste pour que tu voies la grille à l'œuvre. Je te donne les directions, pas les réponses rédigées, parce que les bonnes réponses sont celles que tu construis avec ta propre tête.
La croissance. Le débat éternel oppose ceux qui veulent croître et ceux qui veulent décroître. Le donut déplace la question : Raworth parle d'être « agnostique » sur la croissance, l'enjeu n'étant pas de croître plus ou moins, mais de prospérer dans l'anneau. Tu peux t'en servir pour montrer que tu dépasses le pour et le contre et que tu reformules le problème.
La RSE et l'entreprise. Beaucoup de candidats récitent « il faut être responsable ». Avec le donut, tu peux interroger : une entreprise contribue-t-elle à relever le plancher social, ou pousse-t-elle vers le plafond écologique ? La grille rend ta réflexion concrète et vérifiable, plutôt que vertueuse et vague.
Les villes et les politiques publiques. Amsterdam a officiellement adopté le modèle du donut en 2020 pour orienter sa politique, et d'autres villes l'explorent. Un exemple précis, daté, vaut dix généralités. Il prouve que tu ne récites pas une théorie de manuel mais que tu suis comment elle vit dans le réel.
Tu remarqueras que dans aucun de ces angles tu ne « ressors » le donut. Tu t'en sers pour penser. C'est cette différence qui sépare un candidat propre d'un candidat rare, et j'y reviens dans candidat propre, candidat rare à l'oral.
Comment relier l'économie du donut à ton « pourquoi cette école » à l'oral ?
Voici l'usage que presque personne ne fait, et qui peut faire basculer un entretien. L'économie du donut peut nourrir ta réponse à la question reine : pourquoi cette école ?
Si l'école que tu vises affiche une chaire sur la transition, un parcours sur l'impact, un engagement sur la durabilité, tu peux connecter le donut à ce que l'école porte vraiment. Non pas « j'aime votre côté responsable », mais « votre travail sur tel sujet rejoint une question qui me tient à cœur, celle de penser l'économie entre plancher social et plafond écologique ». Là, tu ne plaques pas une référence, tu relies une idée à une problématique et à un projet. C'est tout l'art que je détaille dans pourquoi cette école à l'oral.
Et si tu veux la vue d'ensemble, école par école, de ce que les jurys attendent vraiment, le guide des oraux des écoles de commerce, école par école te sert de carte.
FAQ
Qui a inventé l'économie du donut ?
L'économiste britannique Kate Raworth, rattachée à l'université d'Oxford. Elle l'a esquissée en 2012 dans un rapport pour Oxfam, puis développée dans son livre de 2017. Ce n'est pas une théorie issue d'une école de commerce. Attribue-la toujours correctement à son autrice.
Que signifient le plancher social et le plafond écologique ?
Le plancher social, c'est le seuil de besoins humains essentiels sous lequel personne ne devrait tomber (santé, éducation, alimentation, énergie). Le plafond écologique, ce sont les limites de la planète à ne pas franchir. Entre les deux se trouve le donut, l'espace « sûr et juste ».
Comment utiliser l'économie du donut à l'oral d'HEC sans réciter ?
Ne la sors pas comme une définition apprise. Sers-t'en comme une grille de lecture : reformule le sujet en demandant comment couvrir les besoins de tous sans dépasser les limites planétaires. Tu montres alors que tu penses devant le jury au lieu de réciter une fiche.
L'économie du donut ne sert-elle qu'à l'oral d'HEC ?
Non. C'est en CSH (culture et sciences humaines), à HEC, qu'elle brille le plus, parce que l'épreuve te demande justement de penser un sujet. Mais le réflexe se transpose : dès qu'un sujet de société tombe à l'oral d'une ESSEC, d'une ESCP ou d'une EM Lyon, tu peux mobiliser la même grille pour reformuler le problème.
L'économie du donut est-elle vraiment appliquée quelque part ?
Oui. Amsterdam a été la première ville à l'adopter officiellement en 2020, et d'autres comme Bruxelles, Barcelone ou Copenhague l'explorent. Raworth souligne toutefois qu'aucun pays ne vit encore pleinement dans le donut, ce qui en fait un horizon plus qu'un acquis.
Pendant que les autres candidats réciteront le nom de la théorie en espérant que ça suffira, tu sauras t'en servir pour penser, relier, surprendre. C'est précisément là que se creuse la longueur d'avance. À l'intérieur du programme, on entraîne ce réflexe sur ton profil et sur les attentes précises de ton jury, jusqu'à ce qu'il devienne naturel. Les oraux ne se rejouent pas : autant arriver le jour J avec une tête qui pense, pas une fiche qui récite.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →