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Recherche HEC, Itzhak Gilboa : décider sous incertitude, l’angle qui fait la différence

Photo : Museums Victoria sur Unsplash

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Recherche HEC, Itzhak Gilboa : décider sous incertitude, l’angle qui fait la différence

MA·2026-06-28
L'essentiel
  • La thèse : Itzhak Gilboa, titulaire de la chaire AXA Decision Sciences à HEC, travaille sur la théorie de la décision sous incertitude, c'est-à-dire la manière dont on choisit quand on ne connaît pas les probabilités. Son apport le plus célèbre, le modèle « Maxmin Expected Utility » avec David Schmeidler, dit qu'un décideur lucide garde en tête plusieurs scénarios possibles et raisonne sur le moins favorable.
  • Le résultat marquant : la « rationalité » du manuel, celle qui suppose que l’on connaît les chances de chaque issue, se fait régulièrement contredire par les vrais comportements. Gilboa le redit dans sa synthèse de 2025 : décider sous incertitude, c'est assumer que l'on ne sait pas tout, et structurer son choix quand même.
  • Ce que ça dit de HEC : une école qui finance une chaire entière sur « comment bien décider quand l'information manque », c'est une école qui valorise la pensée structurée sous tension, pas la réponse toute faite.
  • Ce que tu gagnes à l'oral : exactement ce que la mise en situation teste. Tu montres une grille de lecture face à l'incertitude au lieu de bafouiller, et le jury te perçoit comme quelqu'un qui raisonne, pas qui récite.

Presque personne, parmi les candidats que tu vas croiser dans la salle d'attente, n'est allé lire ce que font vraiment les professeurs-chercheurs de l'école qu'il convoite. On apprend le classement, le taux d'insertion, les noms des associations. On oublie que HEC est d'abord un lieu de recherche, et que cette recherche dit quelque chose de très concret sur ce que le jury cherche chez toi.

Alors prenons une figure précise, et décryptons-la pour de vrai. Itzhak Gilboa, théoricien de la décision, chaire AXA Decision Sciences. Son sujet, « décider sous incertitude », n'est pas un thème lointain pour spécialistes. C'est le nom savant de ce que tu vivras pendant trente minutes face à un jury qui te pousse, te coupe, te met en situation. Voilà l'angle qui te rend rare.

Que dit la recherche d'Itzhak Gilboa sur la décision sous incertitude ?

Commençons par distinguer deux mots que l'on confond toujours : le risque et l'incertitude. Le risque, c'est quand on connaît les probabilités, une roulette, un dé, un tirage au sort. L'incertitude, c'est quand on ne les connaît même pas. Et la plupart des vraies décisions, dans une entreprise, dans une vie, dans un oral, relèvent de l'incertitude, pas du risque.

La théorie classique de la décision suppose pourtant que l'on sait toujours mettre une probabilité sur chaque issue. C'est le modèle de l'utilité espérée, la base de l'économie. Gilboa passe sa carrière à montrer ses limites. Avec David Schmeidler, il a proposé en 1989 le modèle dit « Maxmin Expected Utility » : face à l'ambiguïté, le décideur ne retient pas une seule probabilité, il garde en tête un ensemble de scénarios plausibles et raisonne par prudence sur le pire d'entre eux. C'est la formalisation de ce que l'on observe quand les gens préfèrent une situation où ils connaissent les chances à une situation floue, même équivalente sur le papier, ce que les économistes appellent l'aversion à l'ambiguïté, illustrée par le paradoxe d'Ellsberg.

Plus récemment, dans une synthèse intitulée « Decision Under Uncertainty: State of the Science » (Annual Review of Economics, 2025), Gilboa, titulaire de la chaire AXA Decision Sciences à HEC, fait le point sur tout le champ. Son constat est limpide : la maximisation de l'utilité espérée reste le modèle dominant, mais les faits la contredisent souvent ; les théories alternatives proposées pour les probabilités connues comme inconnues se font à leur tour bousculer par les données. Autrement dit, la bonne décision sous incertitude reste une question ouverte. Ce qui compte, ce n'est pas de connaître la formule magique. C'est d'avoir une méthode pour raisonner quand l'information manque.

Ce que cette recherche dit de HEC

Une école choisit ce qu'elle finance. Quand HEC consacre une chaire entière, portée par un assureur dont le métier est précisément l'incertitude, à la science de la décision, ce n'est pas neutre. Ça dit une priorité intellectuelle : former des gens qui savent trancher dans le brouillard.

C'est un « pourquoi HEC » rare, parce qu'il ne ressemble à aucun des arguments que le jury entend cent fois. Tu ne dis pas « HEC pour le réseau » ou « pour l'international ». Tu dis : HEC abrite une recherche de pointe sur la façon de décider quand on ne sait pas tout, et c'est exactement la compétence que je veux travailler, parce que c'est celle d'un dirigeant. La cohérence est totale entre ce que l'école produit et ce que tu viens y chercher. C'est ça, un fit intellectuel, pas un compliment, une connexion.

Et il y a un effet miroir délicieux : le jury, ce jour-là, fait lui aussi de la décision sous incertitude. Il doit te juger sur trente minutes, avec une information très incomplète. Montrer que tu comprends ce problème, c'est montrer que tu comprends sa position. Ça crée une connivence que peu de candidats savent installer.

Comment mobiliser cette recherche lors de ton oral ?

Le piège à éviter

Le piège, c'est de réciter Gilboa comme une fiche, en espérant que le nom savant fasse l'effet. Le jury sent en trois secondes la différence entre quelqu'un qui a compris et quelqu'un qui replace un mot appris la veille. Si tu lâches « maxmin expected utility » sans pouvoir l'expliquer avec tes mots, tu te tires une balle dans le pied : la question suivante te démasque.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'en faut pas tant. Mieux vaut une idée que tu possèdes vraiment, la distinction risque/incertitude, l'idée que l’on raisonne sur le pire scénario quand l'information manque, qu'une avalanche de termes mal digérés. Tu perds gros à faire semblant d'avoir tout lu ; tu gagnes gros à maîtriser une seule idée pour de bon. C'est tout l'écart entre paraître cultivé et l'être. Le même réflexe sert ailleurs : voir comment le construire dans la mise en situation à l'ESSEC et dans le vrai « pourquoi HEC » à l'oral.

FAQ

Qui est Itzhak Gilboa et que cherche-t-il à HEC ?

C'est un économiste, professeur au département Economics and Decision Science de HEC Paris et titulaire de la chaire AXA Decision Sciences. Il travaille sur la théorie de la décision, en particulier sur la façon dont on choisit quand on ne connaît pas les probabilités des issues possibles. C'est l'un des théoriciens de référence du champ « décision sous incertitude ».

C'est quoi la décision sous incertitude, simplement ?

C'est décider quand on ne connaît pas les chances de chaque résultat. Le risque, on le mesure, un dé, une roulette. L'incertitude, on ne la mesure même pas. La recherche de Gilboa montre que la plupart des vraies décisions relèvent de l'incertitude, et qu'il faut une méthode pour raisonner quand même, plutôt qu'une fausse certitude chiffrée.

Comment citer la recherche d'un professeur à l'oral sans faire pédant ?

Tu cites une fois, sobrement, et tu enchaînes sur ce que ça t'apporte à toi. Une phrase suffit : le nom, l'idée, et tout de suite l'application. Le but n'est pas d'impressionner par le vocabulaire mais de montrer une grille de lecture. Si tu peux l'expliquer à un enfant de dix ans, tu peux le dire au jury.

Pourquoi parler de théorie de la décision aide pour le « pourquoi HEC » ?

Parce que ça transforme un argument banal en argument rare. Au lieu de « HEC pour le réseau », tu montres que l'école produit une recherche de pointe sur la décision, et que c'est précisément la compétence d'un dirigeant que tu veux développer. C'est cohérent, vérifiable, et ça te distingue de la file entière qui récite les mêmes phrases.

Faut-il avoir lu l'article original de Gilboa ?

L'honnêteté prime : ne prétends jamais avoir lu ce que tu n'as pas lu. Tu peux parfaitement dire « j'ai découvert que HEC abrite une chaire sur les sciences de la décision » sans inventer une lecture savante. Comprendre l'idée centrale et son lien avec l'oral vaut bien mieux qu'une citation gonflée qui s'effondre à la première question.


Connaître la recherche d'un seul professeur, c'est déjà prendre une longueur d'avance sur toute une promotion qui récite la brochure. Mais la transformer en arme d'oral, la placer au bon moment, l'expliquer avec tes mots, l'incarner pendant la mise en situation, ça se travaille. C'est exactement ce que l'on prépare ensemble chez Connect the dots, école par école. Pour relier tout ça, commence par le panorama complet des oraux des écoles de commerce, école par école et par le décryptage des chaires de recherche de HEC, l'ESSEC et l'ESCP à l'oral. Pendant que les autres récitent, toi, tu connectes.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →