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Construire un pitch de 2 minutes qui te ressemble (et que le jury retient)

Photo : Cristian Escobar sur Unsplash

pitch école de commerce

Construire un pitch de 2 minutes qui te ressemble (et que le jury retient)

MA·2026-06-11
L'essentiel
  • Un pitch générique échoue parce qu'il pourrait être dit par n'importe qui : le jury retient ce qui ne ressemble qu'à toi.
  • Construis-le bloc par bloc : une accroche concrète, un fil rouge, ton projet, et un pont vers l'école.
  • Dépose des "cailloux" : des éléments laissés volontairement en suspens qui donnent envie au jury de te questionner.
  • Teste-le à voix haute et supprime tout ce qui sonne faux : un bon pitch s'écrit en coupant.

"Présentez-vous." C'est la première question de presque tous les entretiens. Et c'est la seule dont tu connais l'énoncé à l'avance.

Pourtant, voilà ce que les jurys entendent quinze fois par jour : "Bonjour, je m'appelle Hugo, j'ai 20 ans, je suis en prépa ECG au lycée X, je suis quelqu'un de curieux et de rigoureux, et j'aimerais intégrer votre école pour son ouverture internationale."

Trente secondes après, le jury a oublié Hugo. Pas parce qu'il est mauvais. Parce qu'il était interchangeable.

Ton pitch de 2 minutes, c'est la seule partie de l'entretien que tu contrôles à 100 %. Apprendre à se présenter en 2 minutes, donc, ce n'est pas réciter un état civil : il s'agit de construire un pitch personnel d'école de commerce que personne d'autre ne pourrait dire. Voici comment en faire quelque chose que le jury retient.

Pourquoi le pitch générique échoue

Le pitch générique a trois caractéristiques, et les trois jouent contre toi.

Il décrit, il ne raconte pas. Une liste de faits (âge, lycée, options) que le jury a déjà sous les yeux ou presque. Tu utilises tes deux minutes pour répéter ton état civil.

Il s'auto-qualifie. "Curieux", "rigoureux", "motivé". Des adjectifs que tu te donnes toi-même n'ont aucune valeur de preuve. C'est au jury de conclure que tu es curieux, à partir de ce que tu racontes.

Il n'ouvre aucune porte. Un bon pitch sème des hameçons : des éléments précis qui donnent envie au jury de demander "racontez-moi ça". Le pitch générique ne donne envie de rien, donc le jury part sur ses questions standard. Tu viens de perdre le contrôle de ton entretien.

Un pitch d’école de commerce, c’est une structure avant tout

Deux minutes qui tiennent reposent sur quatre blocs : une accroche concrète qui capte, un fil rouge qui donne du sens à ton parcours, un projet, et un pont vers l'école. Chaque bloc a un rôle. Le découpage, tout le monde peut le copier. Ce qui fait la différence, c'est ta matière : l'accroche vraie que personne d'autre ne peut dire, le fil qui connecte tes choix à toi.

La règle d'or, valable partout : tu montres, tu ne dis pas. "Je suis débrouillard" ne vaut rien. "Trésorier du BDE, j'ai annoncé à 40 personnes que le ski était annulé, et trouvé un plan B en dix jours", et le jury conclut tout seul. Une conclusion que le jury tire lui-même vaut dix fois celle que tu lui imposes.

Trouver ton accroche, construire ton fil rouge bloc par bloc à partir de ton histoire : c'est exactement le travail que nous faisons avec toi.

Les trois pièges de la dernière ligne droite

Le par-cœur mot à mot. Tu écris ton pitch, d'accord. Mais tu apprends la structure et les idées, pas le texte. Un pitch récité s'entend à la première seconde et contamine tout l'entretien. Entraîne-toi à le dire avec des mots différents à chaque fois.

La surcharge. Un pitch qui veut tout dire ne dit rien. Trois idées fortes maximum. Le reste, tu le gardes pour les questions. C'est même stratégique : un bon pitch laisse volontairement des zones à explorer.

Le pitch unique pour toutes les écoles. Les blocs 1 à 3 sont stables. Le bloc 4 se réécrit pour chaque oral. Un jury ESSEC entend la différence entre un pont construit pour lui et une formule passe-partout.

Pour aller plus loin

FAQ

Comment se présenter en 2 minutes sans réciter son CV ?

Il ne s'agit pas de tout dire, il s'agit de choisir. Tu pars d'une accroche concrète, un moment vrai que l'on peut voir, pas d'une liste de qualités. Ensuite tu connectes deux ou trois choix à un fil rouge qui te ressemble, et tu laisses volontairement des zones en suspens pour que le jury ait envie de creuser. Un bon pitch 2 minutes en entretien, ça ne se remplit pas : ça se taille.

Combien de temps doit durer le pitch exactement ?

Vise 1 minute 45 à 2 minutes. En dessous d'une minute, tu donnes l'impression de ne pas avoir grand-chose à dire. Au-delà de 2 minutes 30, tu monologues et le jury décroche. Chronomètre-toi, à voix haute, debout.

Faut-il parler de ses notes ou de son classement en prépa ?

Non, sauf si une histoire s'y rattache (une remontée spectaculaire, un choix de filière à contre-courant). Le jury a ton dossier. Tes deux minutes servent à dire ce qui n'y figure pas.

Que faire si le jury m’interrompt pendant le pitch ?

Tant mieux : un hameçon a pris. Tu réponds à la question, tranquillement, et tu ne cherches pas à reprendre ton pitch où il s'était arrêté. Le pitch n'est pas un monument à terminer, c'est une rampe de lancement pour la conversation.

Le pitch est-il le même pour HEC, l’ESSEC et l’EDHEC ?

À 80 % oui. Ton accroche, ton fil rouge et ton projet ne changent pas. Le pont final, lui, se reconstruit école par école, avec un élément spécifique et vérifiable à chaque fois.


Dans Connect the dots, tu construis ton pitch bloc par bloc et nous le confrontons aux exigences de chaque école, jusqu'à ce qu'il sonne comme toi et pas comme un modèle.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →