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Recherche ESSEC : le coût caché d’être comparé aux autres
- Une chercheuse de l'ESSEC, Judy Qiu, montre que le « feedback par comparaison sociale » (« tu te situes au-dessus ou en dessous de tes collègues ») n'a presque rien de gratuit psychologiquement, et qu'il pèse différemment selon le genre.
- Le résultat marquant : ce type de retour est vécu comme plus anxiogène par les femmes que par les hommes, et cela tient même quand le retour est positif.
- L'explication avancée tient à la socialisation : là où les groupes masculins normalisent davantage la quête de statut, les groupes féminins valorisent davantage des fonctionnements égalitaires et la préservation des relations.
- À l'oral, ce n'est pas un sujet à réciter : c'est une matière à connecter au management, au travail, à l'égalité, et à ton « pourquoi l'ESSEC ».
Il y a une chose que les jurys repèrent en trois secondes : le candidat qui connaît vraiment l'école, et celui qui a lu la brochure la veille. La recherche produite par les professeurs, c'est précisément le terrain où l'on fait la différence, parce que presque personne n'y va. Aujourd'hui, on décrypte une publication récente de l'ESSEC, signée Judy Qiu, professeure de management, parue sur ESSEC Knowledge sous le titre « The cost of being compared to your colleagues » (« le coût d'être comparé à ses collègues »). Tu vas voir : il ne s'agit pas d'en faire une fiche à recracher, il s'agit d'en faire un angle qui te rend rare.
Le feedback par comparaison entre collègues, décrypté
Dans beaucoup d'entreprises, on donne aux salariés un retour « relatif » : on ne te dit pas seulement « voilà ton résultat », on te dit « voilà où tu te situes par rapport à tes collègues ». C'est ce que Judy Qiu appelle le feedback par comparaison sociale. L'intuition managériale classique, c'est que cela motive : on se compare, donc on se dépasse.
La recherche de Judy Qiu, publiée sur ESSEC Knowledge, vient nuancer cette intuition. Son constat : ce mode de retour n'est peut-être pas coûteux financièrement pour l'entreprise, mais il a un coût psychologique réel, et ce coût n'est pas réparti de la même façon. Les travaux montrent que les femmes ont tendance à préférer un retour « absolu » (ta performance en soi) à un retour relatif (ta performance comparée aux autres), et que la comparaison sociale génère chez elles davantage d'anxiété. Détail important que la chercheuse souligne : cette réticence persiste même lorsque les femmes s'attendent à recevoir un retour positif. Donc ce n'est pas la peur d'une mauvaise note, c'est la comparaison elle-même qui pèse.
Pourquoi cette différence ? L'article mobilise l'idée de socialisation de genre. Selon cette lecture, les groupes masculins tendent à normaliser davantage les comparaisons liées au statut, tandis que les groupes féminins valorisent davantage des fonctionnements plus égalitaires et la préservation des relations. La comparaison serait alors perçue par une partie des femmes comme une menace pour la qualité des relations avec le groupe de pairs, d'où un rapport plus prudent, et une compétitivité auto-déclarée plus basse en moyenne.
L'enjeu managérial que pose la chercheuse est simple à formuler et puissant : si un outil censé faire progresser tout le monde produit en réalité de l'anxiété durable chez une partie des salariés, avec à la clé un risque d'épuisement et de moindre satisfaction au travail, alors il faut repenser cet outil. Non pas le supprimer mécaniquement, mais concevoir des dispositifs de retour plus fins, qui tiennent compte de la diversité des façons de réagir. C'est tout sauf un détail RH : c'est une question de conception du travail.
Ce que cette recherche dit de l’ESSEC
L'ESSEC n'est pas qu'une école de finance et de stratégie. C'est une école où l'on prend au sérieux les sciences du comportement, le management des personnes, la diversité et l'inclusion comme objets de recherche, pas seulement comme slogans. Qu'une professeure de management y travaille sur la façon dont un simple format de feedback affecte différemment les femmes et les hommes, ce n'est pas anodin : cela dit que, dans cette maison, on regarde le travail réel, les relations réelles, et que l'on refuse les évidences managériales toutes faites.
Pour toi, candidat, c'est de l'or. Parce que connaître cet axe de recherche, c'est pouvoir montrer que ton intérêt pour l'ESSEC n'est pas une question de classement, mais une question de ce que l'on y pense. Tu ne dis pas « j'aime l'ESSEC parce qu'elle est bien placée ». Tu dis « ce qui m'attire, c'est une école qui questionne ses propres outils de management ». La nuance, le jury l'entend immédiatement.
Comment mobiliser cette recherche ESSEC à ton oral ?
Voici cinq angles. Le but n'est pas de réciter le résumé ci-dessus : c'est de t'en servir comme d'un point d'appui pour penser devant le jury.
- Culture générale sans réciter. Si l'on te tend une question sur le management, la motivation, ou l'égalité au travail, tu peux mobiliser l'idée « un outil qui semble neutre peut produire des effets différents selon les personnes ». Tu cites la source une fois, sobrement (« des travaux de Judy Qiu à l'ESSEC »), puis tu penses. La méthode pour faire ça proprement, on la détaille dans culture générale à l'oral sans réciter.
- « Pourquoi cette école ? » Cet axe te donne une réponse rare et incarnée. Tu connectes ta curiosité à une recherche précise plutôt qu'à un argument de plaquette. On creuse cette question dans pourquoi cette école à l'oral.
- Une question au jury. Tu peux retourner la matière en question intelligente : « comment l'ESSEC pense-t-elle l'évaluation et le feedback dans ses propres équipes pédagogiques ? » Une bonne question vaut parfois une bonne réponse.
- Mise en perspective d'actualité. Comparaisons, classements, palmarès, notation continue, networks où l'on se compare en permanence : tu peux relier la recherche à un débat très actuel sur la pression de la comparaison. Tu montres ainsi que tu sais brancher une recherche sur un débat vivant.
- Ton propre rapport au feedback. Sans te mettre en difficulté, tu peux montrer une lucidité sur la façon dont toi tu reçois un retour. Ça humanise, ça connecte le sujet à ta personne, et c'est exactement le registre attendu dans l'entretien de personnalité ESSEC.
Le piège
Le piège, il est double, et le jury le sent à dix mètres. Premier piège : réciter. Si tu débites « Judy Qiu, ESSEC, comparaison sociale, anxiété, socialisation de genre » comme une fiche, tu coches une case mais tu n'existes pas. La recherche doit être un tremplin pour ta pensée, pas un drapeau que tu plantes.
Second piège, plus grave : faire semblant d'avoir lu. Ne prétends jamais maîtriser une étude que tu n'as pas comprise. Reste dans ce que tu peux tenir : l'idée centrale, l'intuition qu'elle nuance, et ce que cela dit de l'école. Si le jury creuse et que tu as bluffé, la chute est rude. La vraie force, ce n'est pas d'avoir tout lu, c'est d'avoir vraiment compris une chose et de savoir la connecter. C'est la différence entre un candidat propre et un candidat rare.
FAQ
Faut-il citer le nom de la chercheuse à l’oral ?
Oui, une fois, sobrement, et c'est suffisant. « Une professeure de management de l'ESSEC, Judy Qiu, a montré que… » : cela ancre ta crédibilité sans virer au name-dropping. Ce qui compte ensuite, c'est ce que tu en fais, pas la précision bibliographique.
Et si je ne tombe pas sur un sujet en lien ?
Tu ne forces rien. Cette recherche est une cartouche, pas une obligation. Si la conversation va ailleurs, tu la laisses. Mais sur les thèmes management, égalité, motivation, évaluation, travail, elle peut surgir naturellement. L'art, c'est de la garder en réserve.
Est-ce que ça ne fait pas trop « lèche » de parler de la recherche de l’école ?
Non, si c'est sincère et précis. Ce qui sonne faux, c'est le compliment vague. Ce qui sonne juste, c'est une curiosité documentée. Connaître un axe de recherche réel, c'est le contraire de la flatterie : c'est du fond. La logique d'ensemble, on la pose dans les chaires et la recherche HEC, ESSEC, ESCP à l'oral.
Comment relier ça aux autres oraux de l’ESSEC ?
Cet angle vit très bien à côté de l'autre fiche recherche ESSEC, sur l'IA et la gouvernance, et à côté du gros morceau qu'est l'entretien de personnalité ESSEC. Deux axes de recherche connus, plus une vraie maîtrise de l'entretien : c'est un profil qui se détache.
Où situer tout ça dans ma prépa aux oraux ?
Dans la culture « école par école ». Chaque école a son identité intellectuelle, et la mobiliser fait partie de la préparation. Le panorama complet, c'est les oraux des écoles de commerce, école par école.
Connaître cette recherche, c'est avoir une longueur d'avance. Pendant que les autres candidats récitent trois lignes de plaquette sur « l'excellence académique », toi tu connectes une idée précise à ton management, à ton actualité, à ta personnalité. La vraie préparation, ce n'est pas d'empiler des fiches : c'est de savoir, le jour J, quel angle dégainer, à quel moment, et jusqu'où aller sans bluffer. C'est exactement ce travail-là, école par école et critère par critère, que l'on outille dans le programme. Les oraux ne se rejouent pas : on n'y entre pas en espérant tomber sur la bonne question, on y entre en ayant déjà préparé ses meilleures connexions.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →