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Décryptage : la recherche de l'ESSEC sur l'IA, à utiliser à ton oral

Photo : María Ten sur Unsplash

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Décryptage : la recherche de l'ESSEC sur l'IA, à utiliser à ton oral

MA·2026-06-22
L'essentiel
  • Un chercheur de l'ESSEC, le professeur Guillaume Chevillon (directeur du Metalab, l'institut de l'école sur l'intelligence artificielle, les données et la société), défend une idée forte : les algorithmes ne sont pas neutres, et il faut une gouvernance souple plutôt que rigide.
  • Ce travail est une mine pour ton oral : il te donne une référence fraîche, pointue, et que presque aucun candidat n'aura, sur l'un des sujets les plus brûlants du moment.
  • On te décrypte ici l'essentiel de la recherche, fidèlement, puis on te montre cinq façons concrètes de t'en servir, en culture et sciences humaines, en actualité, et dans ton « pourquoi cette école ».
  • La règle d'or : tu ne récites pas la recherche, tu la connectes à un argument à toi. C'est ça qui impressionne un jury.

Les conseils sur les oraux, tu en as lu des dizaines. Mais personne ne te donne ce que les jurys adorent vraiment entendre : une référence que l'on ne trouve pas dans les fiches de prépa, tirée de la recherche réelle d'une grande école. C'est exactement ce que l'on te propose ici, et ce sera le premier d'une série.

Le principe est simple. Les écoles que tu vises produisent de la recherche de pointe, publiée et accessible. La plupart des candidats l'ignorent. Toi, tu vas apprendre à la lire, à la comprendre, et à la connecter à tes oraux. Donc commençons par un travail récent et passionnant de l'ESSEC sur la gouvernance de l'intelligence artificielle.

Le décryptage : ce que dit la recherche

Le professeur Guillaume Chevillon, qui dirige le Metalab de l'ESSEC, part d'un constat que l'on oublie trop vite : un algorithme a l'air neutre parce qu'il est mathématique, mais il ne l'est pas. Il optimise un objectif de court terme, et ce faisant, il produit des effets de long terme que personne n'a choisis. Sa thèse : il ne s'agit pas de rendre les algorithmes plus précis, il s'agit de les rendre plus résilients, plus souples, capables d'accepter l'incertitude.

Quelques idées fortes que l'on retient, et qui valent de l'or à l'oral.

D'abord, le paradoxe de la prédiction. Quand un algorithme prédit un comportement humain, il modifie le comportement qu'il essaie de prédire. L'exemple parlant : quand une banque centrale publie ses prévisions d'inflation, elle change les attentes des gens, donc l'inflation elle-même. La prévision agit sur le réel qu'elle décrit. C'est une idée vertigineuse, et profondément philosophique.

Ensuite, la concentration du pouvoir. Ceux qui contrôlent les données, l'infrastructure et l'expertise façonnent l'environnement pour que leurs prédictions se réalisent. Les données ont des « rendements croissants », donc les gros deviennent plus gros, et l'on glisse vers des oligopoles. La technique n'est jamais loin du pouvoir.

Puis, le coût écologique. Stocker et traiter des montagnes de données consomme énormément d'énergie. D'où une piste contre-intuitive et belle : et si la machine devait apprendre à oublier ? Un « droit à l'oubli » pour les algorithmes, qui les rendrait à la fois plus durables et plus robustes.

Enfin, une note plus politique : la résistance collective. Refuser de coopérer, détourner les outils, oublier volontairement, c'est une façon pour les utilisateurs de reprendre la main. Et au passage, deux notions à garder : l'« enshittification » (la dégradation progressive d'un service à mesure que l'on en extrait du profit) et le « biais du survivant » (attribuer au talent ce qui revient souvent à la chance statistique).

Tu n'as pas besoin de tout retenir. Tu as besoin d'une ou deux de ces idées, vraiment comprises, pour faire la différence.

Cinq façons d'utiliser cette recherche à ton oral

Maintenant, le cœur, et ce que personne d'autre ne te donne. Une recherche ne sert à rien si tu la récites. Elle sert si tu la connectes. Voici cinq portes d'entrée. Pas des réponses toutes faites, des directions à t'approprier.

1. En culture et sciences humaines, sur un sujet « technique » ou « pouvoir ». Le paradoxe de la prédiction est un cadeau pour problématiser un sujet comme « prévoir l'avenir » ou « la technique nous libère-t-elle ? ». Tu montres, exemple de la banque centrale à l'appui, que prédire, c'est déjà agir sur le réel. C'est exactement le genre d'angle que l'on cherche quand on apprend à trouver un angle sur un sujet de CSH.

2. En CSH, sur la mémoire, l'oubli, l'environnement. L'idée d'un « droit à l'oubli » pour les machines connecte trois champs d'un coup : la technologie, l'écologie et la philosophie de la mémoire. Une référence qui relie des mondes, c'est précisément ce qui fait un bon exposé plutôt qu'un catalogue récité.

3. Dans ton « pourquoi l'ESSEC ». Citer le Metalab, l'institut de l'école sur l'IA et la société, prouve que tu connais SA recherche, pas sa plaquette. Tu connectes ça à ton projet, et tu tiens une réponse que personne d'autre ne peut donner.

4. En langue vivante, sur l'actualité. La gouvernance de l'IA est partout dans la presse anglophone. Avec le fond que tu viens d'acquérir, tu ne te contentes plus de résumer un article : tu le commentes avec de la hauteur.

5. Le signal méta, le plus puissant. Glisser, au bon moment, que tu as lu un travail récent d'un chercheur de l'école, c'est envoyer au jury un signal rare : tu ne t'es pas préparé avec des fiches, tu t'es nourri à la source. C'est la marque d'un candidat rare.

Une précision qui compte : citer une recherche t'expose à une relance (« et vous en pensez quoi ? »). Donc tu ne la cites que si tu peux la défendre. Le vrai travail, c'est de te construire un avis, pas d'apprendre un résumé. C'est là que l'on t'accompagne.

FAQ

Comment utiliser une recherche universitaire à l'oral d'une école de commerce ?

Pas en la récitant, mais en la connectant à un argument. Tu retiens une idée forte, tu la comprends vraiment, et tu t'en sers pour éclairer un sujet de culture générale, une question d'actualité ou ton « pourquoi cette école ». Une référence bien reliée vaut dix références plaquées, et le jury fait immédiatement la différence.

Où trouver la recherche des écoles de commerce comme l'ESSEC ?

Les écoles publient leurs travaux sur des portails accessibles, par exemple ESSEC Knowledge pour l'ESSEC, Knowledge@HEC pour HEC, The Choice pour l'ESCP. On y trouve des articles signés par les professeurs, sur le management, la société, l'IA, la durabilité. C'est une matière première rare et précieuse pour un oral.

Faut-il citer le nom du professeur et de l'institut à l'oral ?

Oui, si tu es sûr de toi et capable de poursuivre. Citer le professeur Chevillon et le Metalab de l'ESSEC montre une connaissance précise et sincère de l'école. Mais ne le fais que si tu peux expliquer l'idée et la défendre, sinon la relance du jury te mettra en difficulté.

Cette recherche sur l'IA est-elle utile pour d'autres écoles que l'ESSEC ?

Oui. L'idée que les algorithmes ne sont pas neutres, ou que prédire modifie le réel, fonctionne pour toute épreuve de culture générale ou d'actualité, à HEC, à l'ESCP comme ailleurs. Tu réserves la mention du Metalab à l'ESSEC, mais le fond te sert partout.

C'est quoi le Metalab de l'ESSEC ?

C'est l'institut de l'ESSEC dédié à l'intelligence artificielle, aux données et à la société, dirigé par le professeur Guillaume Chevillon. Il produit de la recherche sur l'impact des algorithmes, leur gouvernance et leurs effets sociaux. Le citer dans un « pourquoi l'ESSEC » est un bon moyen de montrer que tu connais l'identité réelle de l'école.


Voilà ta longueur d'avance. Pendant que les autres candidats récitent les mêmes fiches que tout le monde, toi tu arrives nourri à la source, avec des références que le jury n'aura entendues chez personne. Mais soyons clairs : une référence ne vaut que si tu sais la défendre quand le jury te pousse, et ça ne s'improvise pas le jour J. C'est exactement ce que tu travailles dans le programme Connect the dots : transformer cette matière en arguments à toi, t'entraîner face à un jury qui te relance pour de vrai, et entrer dans la salle en candidat rare plutôt qu'en candidat qui a tout lu. Les oraux ne se rejouent pas. Prends ton avance maintenant, pendant que les autres hésitent encore, et garde le guide des oraux école par école sous la main, parce que ce décryptage n'est que le premier d'une série qui suit toute la recherche du top 5.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →