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Pourquoi l’ESSEC ? Construire une réponse qui ne vaut que pour cette école

Photo : Afieq Abdillah sur Unsplash

pourquoi l'ESSEC

Pourquoi l’ESSEC ? Construire une réponse qui ne vaut que pour cette école

MA·2026-06-26
L'essentiel
  • La bonne réponse à « pourquoi l'ESSEC ? » est celle que l'on ne pourrait recopier mot pour mot pour HEC ou l'ESCP. Si elle voyage, c'est qu'elle ne dit rien.
  • Il ne s'agit pas de réciter le classement ou la réputation, il s'agit de connecter un trait précis de l'école à ton projet à toi.
  • L'ESSEC a une identité repérable : ADN de pionnière, parcours que l'on construit soi-même, entrepreneuriat social et RSE, trois campus, plus de cent vingt associations.
  • Le jury n'attend pas que tu aimes l'école. Il attend que tu démontres que toi et l'école, vous avez quelque chose à faire ensemble.

Tu vas passer l'oral de l'ESSEC, et tu sais qu'à un moment, quelqu'un en face de toi va poser la question. Parfois frontalement, parfois en biais : « pourquoi nous ? », « qu'est-ce qui vous attire ici précisément ? », « pourquoi pas une autre parisienne ? ». Et là, beaucoup de candidats déroulent la même chose : un classement, une réputation, un réseau d'anciens, une ouverture à l'international. Tout cela est vrai. Tout cela est interchangeable. On pourrait remplacer « ESSEC » par n'importe quel nom de la liste, et la phrase tiendrait encore debout. C'est exactement le problème.

Cet article ne va pas te donner ta réponse rédigée. Il va te montrer comment la construire : quoi regarder dans l'ESSEC, pourquoi la brochure te piège, et comment connecter un trait réel de l'école à ce que tu veux faire de ta vie. Le reste, c'est ton travail.

L'erreur de la brochure : réputation, classement, réseau

Commençons par ce qu'il faut arrêter de dire. La réputation, le classement, la puissance du réseau alumni : ce sont des raisons réelles d'aller à l'ESSEC, mais ce sont de mauvaises réponses à l'oral. Pour une raison simple. Le jury les a entendues quatre cents fois dans la semaine, et surtout, elles ne parlent pas de toi. Elles décrivent l'école vue de l'extérieur, comme une marque que l'on convoite. Or le jury ne cherche pas un consommateur de la marque ESSEC. Il cherche quelqu'un qui va l'habiter, la prolonger, lui ressembler.

Il y a un test très simple que je te propose. Prends la réponse que tu as en tête. Remplace « ESSEC » par « HEC » ou par « l'ESCP ». Si la phrase fonctionne encore, jette-la. Le réseau puissant, l'international, le triple accréditation, l'excellence académique : tout cela survit au remplacement. Donc tout cela ne vaut pas pour l'ESSEC en particulier. Une vraie réponse à « pourquoi l'ESSEC » est une réponse qui casse dès que l'on change le nom de l'école.

L'autre piège de la brochure, c'est de réciter l'école. Citer trois chaires, deux instituts et un campus à Singapour ne prouve rien, sinon que tu sais lire un site internet. Le jury ne te note pas sur ta capacité à mémoriser l'organigramme. Il te note sur ta capacité à expliquer pourquoi tel élément précis te concerne, toi. La connaissance de l'école est un point de départ, jamais une réponse.

L'identité ESSEC : ce qui ne ressemble qu'à elle

Pour connecter, il faut d'abord savoir à quoi tu te connectes. Voici les traits qui appartiennent vraiment à l'ESSEC, ceux qui ne survivent pas au test du remplacement.

D'abord, un ADN de pionnière, et ce n'est pas une formule de communication. L'ESSEC a été la première école de management en France à ouvrir la voie de l'apprentissage, en 1993. Elle a créé en 2002 la première chaire française dédiée à l'innovation sociale et à l'entrepreneuriat social. Cet esprit du « on essaie avant les autres » traverse son histoire. Si tu es quelqu'un qui défriche, qui lance, qui n'attend pas que le chemin existe, il y a là une parenté à creuser.

Ensuite, un parcours que l'on construit soi-même. L'ESSEC ne t'impose pas une majeure rigide. Le modèle est volontairement flexible : plus de cinquante filières, une grande liberté pour assembler ton propre cursus, devenir un généraliste solide ou te spécialiser à fond. Pour un candidat dont le projet n'est pas encore une ligne droite, cette plasticité n'est pas un détail, c'est un argument.

Troisième trait, l'entrepreneuriat social et la RSE comme colonne vertébrale, pas comme option décorative. L'Institut de l'Innovation Sociale, l'Institut Entrepreneuriat et Innovation, les chaires qui mêlent étudiants et entreprises sur des sujets d'impact : l'ESSEC assume une vision du business qui veut servir à quelque chose. Si ton projet a une dimension d'utilité, d'impact, de transformation, c'est un point d'ancrage évident.

Quatrième trait, une ouverture géographique incarnée. Trois campus, Cergy, Singapour, Rabat, pensés pour vivre le management en contexte européen, asiatique et africain. L'Afrique, en particulier, est un pari assumé que peu d'écoles font avec cette ampleur. Et l'Institut Géopolitique et Business, qui lit les chocs du monde pour les organisations, prolonge cette idée que comprendre le terrain compte autant que les chiffres.

Enfin, une vie associative qui est une vraie composante pédagogique. Plus de cent vingt associations, et surtout une philosophie où s'engager n'est pas une activité « à côté » des études, mais une manière d'apprendre par l'action. Si tu as déjà porté un projet collectif, monté quelque chose, mené une équipe, c'est ici que ton vécu rencontre l'école.

Connecter un trait de l'ESSEC à ton projet

Maintenant, le geste central. Une bonne réponse ne dit pas « j'aime l'ESSEC parce qu'elle fait de l'entrepreneuriat social ». Elle fait un aller-retour. Elle part de toi, passe par un trait précis de l'école, et revient à ce que tu veux en faire.

Prenons un exemple pour que tu visualises le mouvement, sans que ce soit ta réponse. Imagine une candidate qui, au lycée, a monté une mini-épicerie solidaire dans sa ville. Elle ne va pas dire « l'ESSEC est bien classée ». Elle va connecter : ce qu'elle a touché du doigt avec son épicerie, c'est qu'un projet d'impact meurt sans modèle économique solide, et c'est précisément ce que l'Institut de l'Innovation Sociale de l'ESSEC enseigne, parce que cette école a été la première à prendre ce sujet au sérieux dès 2002. Tu vois la mécanique ? Trait réel de l'école, plus expérience réelle de la candidate, égale une raison que personne d'autre ne peut prononcer.

Le mouvement marche avec n'importe quel trait. Un parcours hésitant rencontre la flexibilité des cinquante filières. Un goût pour l'Afrique ou les marchés émergents rencontre le campus de Rabat. Une tête qui ne tient pas en place, qui veut lancer plutôt que suivre, rencontre l'ADN de pionnière. Ce qui compte, c'est que les deux bouts soient vrais : le trait de l'école doit être exact, et l'expérience que tu y accroches doit être la tienne. Le détail tue le cliché. C'est aussi ce que l'on travaille pour connecter les points de son parcours, parce qu'une motivation crédible vient toujours de ce que tu as déjà vécu.

Attention, connecter ne veut pas dire flatter. Tu n'es pas là pour réciter à l'école combien elle est formidable. Tu es là pour montrer une compatibilité. La nuance est énorme. La flatterie regarde l'école. La connexion vous regarde, toi et elle, ensemble.

Tester ta réponse avant le jour J

Avant l'oral, fais passer trois épreuves à ta réponse. Première épreuve, le test du remplacement, déjà vu : change le nom de l'école, et vérifie que ta phrase s'effondre. Si elle survit, elle est trop générale.

Deuxième épreuve, le test du « et alors ». Après chaque argument, demande-toi « et alors, qu'est-ce que ça change pour moi ? ». « L'ESSEC a trois campus » : et alors ? Si tu n'as pas de réponse personnelle derrière, l'argument est creux. Si tu as « et alors je veux travailler sur les marchés africains et Rabat est une porte d'entrée réelle », tu tiens quelque chose.

Troisième épreuve, le test de la suite. Le jury va rebondir. Si tu dis « entrepreneuriat social », prépare-toi à « citez-moi un entrepreneur social qui vous inspire » ou « quelle limite voyez-vous à ce modèle ? ». Une réponse solide tient la deuxième question. Une réponse de brochure s'écroule à la relance. C'est exactement l'esprit de s'entraîner à être déstabilisé : ce n'est pas le premier argument qui te juge, c'est ta capacité à le défendre. Cette logique vaut pour toutes les écoles, et tu la retrouves dans notre guide pourquoi cette école à l'oral.

La cohérence avec le reste de ton oral ESSEC

Ta réponse à « pourquoi l'ESSEC » ne vit pas seule. Elle doit rimer avec tout le reste de ton entretien. Si tu te présentes comme quelqu'un de prudent, qui aime les cadres établis, et que tu invoques ensuite l'ADN de pionnière, le jury sentira la couture. Si ta présentation parle d'engagement collectif et que ton « pourquoi l'ESSEC » parle des cent vingt associations, là tout se tient, et c'est ça qui convainc.

Donc travaille ta réponse en même temps que ta présentation et tes mises en situation, pas dans un coin séparé. C'est tout l'enjeu de l'entretien de personnalité de l'ESSEC, où chaque réponse doit confirmer la précédente. Ta façon de te présenter pose le décor, comme on le voit dans « présentez-vous » à l'ESSEC, et tes mises en situation à l'ESSEC viennent prouver, en acte, ce que ton « pourquoi l'école » a annoncé en mots. Tout cela appartient à une même démarche, celle que l'on déploie école par école dans le guide des oraux des écoles de commerce.

Pour aller plus loin

FAQ

Pourquoi ne pas parler du classement de l'ESSEC à l'oral ?

Parce que le classement décrit l'école, pas toi, et qu'il vaut pour toutes les parisiennes en même temps. Le jury cherche une raison qui ne pourrait s'appliquer qu'à l'ESSEC et qu'à toi. Le classement ne passe ni l'un ni l'autre de ces tests. Garde-le pour ta décision personnelle, pas pour ta réponse.

Comment montrer que je connais vraiment l'ESSEC sans réciter la brochure ?

En citant un seul trait précis, mais en le reliant à une expérience que tu as vécue. Mieux vaut un détail bien connecté que cinq chaires récitées de mémoire. Le jury ne note pas ta culture de l'école, il note ta capacité à expliquer pourquoi tel élément te concerne, toi, concrètement.

Qu'est-ce qui distingue vraiment l'ESSEC des autres écoles ?

Un ADN de pionnière assumé : première en apprentissage en 1993, première chaire française d'innovation sociale en 2002. Un parcours que l'on construit soi-même parmi plus de cinquante filières. Une vraie colonne entrepreneuriat social et RSE. Trois campus dont Rabat en Afrique. Et une vie associative pensée comme un apprentissage, pas comme un loisir.

Faut-il citer une association ou une chaire précise de l'ESSEC ?

Oui, à condition de l'accrocher à toi. Citer une chaire pour faire savant ne sert à rien. Citer une chaire parce qu'elle prolonge un projet que tu portes déjà, là tu démontres une compatibilité réelle. Et prépare la relance : le jury te demandera sûrement d'en dire plus.

Comment répondre si le jury demande « pourquoi pas HEC ou l'ESCP » ?

En assumant un trait que l'ESSEC porte plus fort que les autres et qui te ressemble vraiment, sans dénigrer les autres écoles. Tu ne dis pas « les autres sont moins bien », tu dis « voilà ce qui, chez moi, résonne particulièrement avec l'ESSEC ». La comparaison devient alors une preuve de connaissance de soi, pas une attaque.


Dans Connect the dots, on ne te fait pas réciter l'ESSEC, on t'aide à trouver le trait précis de l'école qui rencontre ton histoire à toi, à le tester face aux relances du jury, et à le faire rimer avec le reste de ton oral, pour que ta réponse à « pourquoi l'ESSEC » ne puisse appartenir qu'à toi.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →