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Recherche ESSEC : quand la langue façonne les rôles de genre
- À l'ESSEC, l'économiste Estefania Santacreu-Vasut (docteure de Berkeley, rattachée au centre THEMA / CNRS) travaille sur une question rare : la grammaire d'une langue peut-elle prédire la place des femmes dans le travail et le foyer ?
- Avec ses co-auteurs Daniel L. Hicks et Amir Shoham, elle montre que les langues qui marquent fortement le féminin et le masculin sont associées à une participation des femmes au marché du travail plus faible.
- La recherche est publiée dans une revue académique reconnue, le Journal of Economic Behavior & Organization, et relayée sur la plateforme ESSEC Knowledge.
- Pour un oral d'école de commerce, connaître ce type de travail ne sert pas à briller bêtement : il s'agit de prouver une curiosité réelle et un fit intellectuel avec l'école.
Tu prépares les oraux et tu cherches l'angle qui te rend rare. Voici une piste que presque personne ne mobilise : la recherche que produit l'école elle-même. Pas la plaquette, pas le classement, la vraie production intellectuelle. Et à l'ESSEC, il existe un travail particulièrement frappant, signé d'une économiste maison, qui connecte deux mondes que l'on imagine séparés : la grammaire d'une langue et l'économie du genre. C'est exactement le genre de référence qui, glissée au bon moment, fait lever un sourcil au jury.
Langue maternelle et rôles de genre : l’idée décryptée
Pose-toi la question : pourquoi, d'un pays à l'autre, la place des femmes dans le travail varie-t-elle autant, même à niveau de développement comparable ? Les explications habituelles parlent de religion, d'histoire, de politiques publiques. Estefania Santacreu-Vasut, professeure d'économie à l'ESSEC, ajoute un facteur que l'on n'attendait pas : la langue que l'on parle.
L'intuition est la suivante. Certaines langues marquent grammaticalement, et de façon systématique, la distinction entre le féminin et le masculin. D'autres le font beaucoup moins. Avec ses co-auteurs Daniel L. Hicks (University of Oklahoma) et Amir Shoham (Temple University), elle a construit une approche quantitative pour tester si cette différence grammaticale est connectée à la répartition des rôles entre hommes et femmes, d'un pays à l'autre et même à l'intérieur d'un même pays selon les communautés linguistiques.
Le résultat principal, tel que l'ESSEC le présente sur sa plateforme Knowledge : les femmes dont la langue distingue nettement les catégories féminin et masculin présentent des taux de participation au marché du travail plus faibles. Plus troublant encore, l'effet ne disparaît pas chez les femmes célibataires. Autrement dit, ce n'est pas seulement une affaire de rapport de force dans le couple : une partie du comportement semble refléter une identité de genre intériorisée, donc quelque chose de culturel et de profond. Ce travail a été publié dans une revue académique, le Journal of Economic Behavior & Organization.
Reste prudent sur ce que dit la recherche. Elle met en évidence une corrélation robuste et un mécanisme plausible, elle ne prétend pas que la langue « cause » mécaniquement le destin professionnel de chacun. C'est précisément cette nuance qui est intéressante à l'oral : montrer que tu comprends la différence entre un lien statistique et une fatalité.
Ce que cette recherche dit de l’ESSEC
Cette recherche n'est pas un détail anecdotique, elle raconte l'ESSEC. D'abord parce qu'elle vient du département d'économie et du lien avec le centre THEMA (CNRS) : on est dans une école de commerce qui assume une recherche académique exigeante, pas seulement du conseil habillé. Ensuite parce que le profil de la chercheuse, docteure de l'université de Berkeley, consultante pour l'OCDE, cofondatrice d'un projet sur le genre et la finance, dit le niveau d'ambition scientifique que l'école revendique.
Surtout, le sujet lui-même, le croisement entre culture, institutions et économie, dessine une certaine idée de la formation : on n'y forme pas des techniciens qui appliquent des recettes, on y forme des gens capables de relier des disciplines, de questionner l'évidence, de penser le monde dans sa complexité. Connecter cela à ta candidature, c'est répondre, sans la réciter, à la fameuse question « pourquoi cette école ».
Comment mobiliser cette recherche à ton oral ESSEC ?
Quelques angles concrets, à toi de les habiter avec tes mots et ton histoire.
- L'angle « curiosité réelle ». Tu peux mentionner que tu as découvert une recherche ESSEC reliant langue maternelle et rôles de genre, et dire pourquoi ça t'a accroché. Le jury n'attend pas une fiche de lecture, il guette l'étincelle de quelqu'un qui lit pour de vrai. C'est le cœur d'une culture générale qui ne récite pas.
- L'angle « fit intellectuel ». Si tu as un parcours linguistique, international, ou un attrait pour les sciences sociales, connecte-le à ce type de travaux pluridisciplinaires. Tu montres que l'esprit de l'école résonne avec le tien.
- L'angle « actualité ». Le sujet ouvre sur des débats vivants : écriture inclusive, égalité professionnelle, comparaisons internationales. Tu peux rebondir d'une question d'actu vers cette grille de lecture, ce qui te distingue immédiatement.
- L'angle « esprit critique ». Oser dire que tu vois la limite, corrélation n'est pas causalité, prouve une tête bien faite. Les jurys adorent un candidat qui nuance plutôt qu'un candidat qui affirme.
- L'angle « pont avec d'autres écoles ». Tu peux situer cette recherche dans l'écosystème des chaires et de la recherche du top des écoles, et montrer que tu as une vision d'ensemble des oraux école par école.
Le piège
Le piège est évident, donc d'autant plus dangereux : réciter. Si tu débites « selon une étude de l'ESSEC, la langue détermine la place des femmes », sans avoir compris la nuance, le jury le sent en trois secondes et tu passes pour quelqu'un qui a bachoté une référence pour faire joli. Pire : si un membre du jury connaît le sujet, une seule question de relance suffit à te faire tomber.
Il ne s'agit pas de faire semblant d'avoir tout lu, il s'agit d'avoir vraiment compris une idée et de pouvoir en parler avec tes propres mots, quitte à dire « je ne connais qu'un aspect de ce travail, mais voici ce qui m'a marqué ». La sincérité bat la performance. C'est toute la différence entre un candidat propre et un candidat rare, et c'est encore plus vrai dans le format si personnel de l'entretien de personnalité ESSEC.
FAQ
Dois-je citer le nom exact de la chercheuse et de la revue à l’oral ?
Si tu es sûr de toi, oui, c'est un signal fort de sérieux. Si tu as un doute sur l'orthographe ou la date, reste général : « une économiste de l'ESSEC, en lien avec le CNRS, a montré que… ». Mieux vaut être juste que précis et faux.
Et si je ne connais rien à l’économie ?
Tu n'as pas besoin d'être économiste. L'idée tient en une phrase : la grammaire d'une langue est connectée à la place des femmes dans le travail. Ce qui compte, c'est ta capacité à raisonner dessus, pas un vocabulaire technique.
Ce thème n’est-il pas risqué, voire clivant ?
Le sujet du genre peut être sensible, donc traite-le en analyste, pas en militant. Tu décris un mécanisme étudié par la recherche, tu nuances, tu écoutes. C'est une posture, pas une opinion à imposer.
Comment éviter l’effet « j’ai appris ça par cœur » ?
Connecte la recherche à toi : un voyage, une langue que tu parles, une observation personnelle. Dès que la référence est reliée à ton vécu, elle cesse d'être récitée et devient la tienne.
Est-ce que ça marche aussi pour d’autres écoles ?
Oui, la logique est universelle : chaque grande école produit de la recherche, et la connaître te rend rare. Pour HEC vois le triptyque mode d'emploi, pour l'ESCP l'oral de personnalité.
Pendant que les autres candidats récitent trois actus et la plaquette de l'école, tu peux arriver avec une vraie idée, comprise et reliée à ton histoire. C'est ça, la longueur d'avance : pas en savoir plus, mais savoir connecter. La préparation Connect the dots t'apprend précisément à transformer une recherche comme celle-ci en munition personnelle, calibrée pour ton jury, parce que les oraux ne se rejouent pas et que la rareté, ça se construit avant d'entrer dans la salle.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →