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Exemples à l'oral EDHEC : le test en 3 questions avant d'en garder un
- L'EDHEC affiche trois valeurs, impact, engagement et innovation, derrière sa signature « Make an Impact ». Un exemple qui n'en démontre aucune ne te sert à rien, même s'il est prestigieux.
- Le test tient en trois questions : qu'est-ce qui a changé parce que tu étais là, qu'est-ce que ça t'a coûté, qu'as-tu fait autrement de ce qui se faisait autour de toi.
- Quatre à cinq exemples solides suffisent pour toute la Trilogie. Une liste de quinze lignes de CV ne prouve rien.
- La spécificité de l'EDHEC, c'est que le jury t'a vu agir en groupe avant de t'écouter parler de toi. Tes exemples sont confrontés à un comportement observé.
- Aucun rapport de jury officiel EDHEC n'est publié. Les valeurs viennent des textes de l'école ; le détail du déroulé et des erreurs pénalisantes vient de sources secondaires concordantes.
Il y a un moment très précis où un oral EDHEC bascule, et ce n'est pas celui que l'on croit. Ce n'est pas quand tu te présentes, ni quand tu récites ton projet. C'est quand l'examinateur pose sa relance : « et vous, vous avez fait quoi exactement ? » Là, soit tu as un exemple qui tient, soit tu n'en as pas, et tout ce que tu as dit avant redevient du vocabulaire.
Le problème n'est presque jamais le manque d'expériences. C'est que la plupart des candidats arrivent avec un inventaire au lieu d'arriver avec des preuves. Ils listent : le stage, l'association, le job d'été, la prépa. Et l'école, elle, n'écoute pas une liste. Elle vérifie trois choses qu'elle nomme elle-même. Donc avant de préparer tes réponses, il s'agit de trier ton stock, et ce tri se fait avec trois questions.
Pourquoi le jury EDHEC te demande-t-il des exemples plutôt que des qualités ?
Parce que l'EDHEC évalue un comportement démontré, pas un adjectif revendiqué. L'école affiche trois valeurs, impact, engagement et innovation, et un exemple précis reste la seule manière de prouver que tu les incarnes plutôt que de les citer.
L'école définit l'impact comme la volonté et la capacité d'assumer une responsabilité pour transformer positivement son environnement, et l'engagement comme la capacité à s'investir avec authenticité et à convaincre les autres au service d'un projet porteur de sens. Lis ces deux formules à voix haute : ce sont des verbes d'action. Assumer, transformer, convaincre. On ne répond pas à un verbe d'action par un adjectif.
Dire « je suis quelqu'un de très impliqué » ne coûte rien et ne se vérifie pas. Raconter que tu as repris la trésorerie d'une association au moment où plus personne n'en voulait, et dire ce qu'il y avait sur le compte avant et après, se vérifie. C'est la même bascule que celle décrite dans notre article sur l'engagement associatif à l'oral : ce n'est pas la ligne sur le CV qui parle, c'est ce que tu en as fait.
Quel test appliquer à un exemple avant de le garder pour l'oral EDHEC ?
Pose-lui les trois questions qui correspondent aux trois valeurs de l'école. Un exemple qui ne répond clairement à aucune des trois n'a pas sa place dans ta préparation, quel que soit son prestige.
Première question, celle de l'impact : qu'est-ce qui a changé parce que tu étais là ? Pas ce que tu as vécu, ce que tu as déplacé. Si l'événement se serait déroulé exactement pareil sans toi, tu as un souvenir, pas une preuve. Le changement peut être minuscule : une réunion qui se tenait dans le désordre et que tu as commencé à cadrer, un tableau de suivi qui n'existait pas. Petit et vérifiable vaut mieux que grand et vague.
Deuxième question, celle de l'engagement : qu'est-ce que ça t'a coûté ? Du temps, de la fatigue, une renonciation, un conflit assumé. L'engagement se mesure au prix payé. Un candidat qui a tenu un projet pendant deux ans en prépa a une histoire ; un candidat qui a signé une adhésion en septembre n'en a pas.
Troisième question, celle de l'innovation : qu'as-tu fait autrement de ce qui se faisait autour de toi ? C'est celle qui panique tout le monde, parce que l'on entend « innovation » et l'on pense start-up. L'école parle de créativité, de prise de risque et d'amélioration continue. Changer la manière dont on recrute les bénévoles, proposer un format de réunion plus court, arrêter une activité qui ne servait plus : c'est de l'innovation au sens où l'école l'entend.
Un bon exemple répond à deux questions sur trois, un excellent aux trois. Et si aucun de tes exemples ne répond à la troisième, ce n'est pas ton parcours le problème, c'est que tu ne t'es jamais raconté cette partie-là.
Combien d'exemples faut-il préparer pour la Trilogie EDHEC ?
Quatre à cinq exemples travaillés en profondeur couvrent l'intégralité de la Trilogie. Au-delà, tu dilues ; en dessous, la moindre relance te laisse à découvert.
La Trilogie enchaîne trois phases, une prise de parole individuelle avec un mot tiré au sort, une décision collective, puis un entretien individuel d'une vingtaine de minutes. Le déroulé complet est décrit dans notre décryptage de la Trilogie EDHEC et les critères phase par phase dans les critères d'évaluation de la Trilogie. Ce qu'il faut retenir ici, c'est que tu ne vas pas dérouler quinze anecdotes : tu vas être relancé sur trois ou quatre, en profondeur.
Une profondeur utile, c'est de savoir dire, pour chaque exemple, la situation en une phrase, ton rôle exact, une décision que tu as prise, un chiffre ou un fait vérifiable, et ce que tu ferais différemment. Ce dernier point est loin d'être un détail à l'EDHEC.
Comment un même exemple peut-il servir dans les trois phases de la Trilogie ?
Un exemple bien construit se réutilise, à condition de changer l'angle et pas l'histoire. Le jury te suit sur les trois phases : répéter la même anecdote sous le même angle donne l'impression d'un stock vide.
En phase 1, le mot d'improvisation tiré au sort sert de porte d'entrée : tu rattaches le mot à l'une de tes expériences plutôt que de disserter dessus. En phase 2, tu n'exposes rien de personnel, mais l'expérience nourrit ton comportement : quelqu'un qui a déjà animé un groupe pour de vrai sait proposer un cadre de travail sans écraser les autres, ce que l'on détaille dans l'article sur la décision collective. En phase 3, tu reprends le même exemple, cette fois du côté de ce que tu en as appris.
C'est exactement le travail décrit dans connecter les points de son parcours : un fil, plusieurs éclairages.
Quels exemples valent quand on n'a ni stage prestigieux ni association ?
La prépa, un job d'été, une pratique sportive ou un engagement familial fournissent des exemples parfaitement recevables, dès lors qu'ils passent le test des trois questions. Le jury note ce que tu as fait de la situation, pas la marque qui figure dessus.
Deux années de prépa contiennent des décisions réelles : avoir tenu un groupe de travail, avoir changé de méthode après un échec, avoir aidé quelqu'un à ne pas lâcher. Le sport aussi, à condition de ne pas s'arrêter au palmarès, comme on l'explique dans valoriser le sport dans son parcours. Un job d'été en caisse ou en salle met souvent en jeu plus de gestion de conflit qu'un stage d'observation en entreprise.
Et si ton projet professionnel est encore ouvert, ce n'est pas rédhibitoire non plus : nous traitons ce cas dans projet professionnel flou à l'oral.
Quels exemples se retournent contre toi à l'oral EDHEC ?
Ceux que tu ne peux pas creuser, et ceux qui contredisent ce que le jury vient d'observer. L'EDHEC est la seule école du top 5 à t'avoir vu agir en groupe avant de t'écouter parler de toi, et cet écart se paie.
D'après les sources secondaires disponibles, l'entretien individuel s'ouvre presque toujours par une demande d'auto-analyse de la phase collective. Si tu t'y décris comme le fédérateur du groupe alors que le jury t'a vu couper la parole deux fois, le reste de tes exemples perd sa crédibilité d'un coup. La lucidité vaut mieux que la belle version.
Deuxième piège : l'exemple emprunté ou gonflé. Une relance à deux niveaux suffit à le faire tomber. Troisième piège : l'exemple qui n'a aucun lien avec l'école. Le fameux « pourquoi l'EDHEC ? » se joue là aussi, et nous lui consacrons un article entier, pourquoi l'EDHEC à l'oral.
FAQ
Faut-il apprendre ses exemples par cœur pour l'oral EDHEC ?
Non, et c'est même contre-productif. La phase 1 impose un mot tiré au sort, ce qui rend mécaniquement impossible la récitation d'un texte préparé. Mémorise les faits, les chiffres et les décisions ; laisse la formulation se faire le jour J.
Un exemple scolaire est-il moins bien noté qu'un exemple professionnel ?
Rien ne l'indique dans ce que l'école publie. Ce qui est valorisé, c'est la précision et ce que tu as fait de la situation. Un exemple scolaire creusé convainc davantage qu'un stage prestigieux dont tu ne sais rien dire.
Combien de temps doit durer un exemple raconté à l'oral ?
Une minute à une minute et demie pour la version complète, quinze secondes pour la version courte. Le jury relance s'il veut plus : il s'agit de laisser de la place à ses questions, pas de tout dire d'un bloc.
Peut-on citer un échec comme exemple à l'EDHEC ?
Oui, à condition d'en tirer une analyse et pas une excuse. L'auto-analyse étant explicitement au programme de la phase 3, un échec analysé lucidement démontre exactement la qualité que le jury observe à ce moment-là.
Où trouver les valeurs officielles de l'EDHEC ?
Sur le site de l'école, dans sa présentation institutionnelle et sa charte éthique, qui nomment l'impact, l'engagement et l'innovation. En revanche, aucune grille de notation officielle ni aucun rapport de jury EDHEC n'est publié : tout le détail du déroulé circule via des sources secondaires.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →