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ESCP et la recherche : ce que « avoir plusieurs maisons » dit du candidat que tu veux devenir

Photo : Alex Knight sur Unsplash

recherche ESCP oral

ESCP et la recherche : ce que « avoir plusieurs maisons » dit du candidat que tu veux devenir

MA·2026-06-30
L'essentiel
  • Sur « The Choice », le média de recherche de l'ESCP, la professeure Laetitia Mimoun décrypte une étude sur les professionnels « globalement mobiles », ceux qui vivent et travaillent entre plusieurs pays, et sur le coût caché de cette flexibilité.
  • L'idée forte : ces personnes ne vivent pas dans « une » maison mais jonglent avec quatre rapports au « chez-soi », et cela a un vrai coût mental que les employeurs sous-estiment.
  • Pour toi, candidat ESCP, cette recherche est une mine : elle dit l'identité intellectuelle de l'école (international, marketing, conditions de vie au travail) et te donne de la matière pour le « pourquoi cette école ».
  • Le but n'est pas de réciter l'étude au jury. Il s'agit de montrer que tu connectes une recherche de l'école à ta façon de voir le monde du travail.

Quand on prépare l'oral de l'ESCP, on pense campus, parcours multi-pays, double diplôme. On oublie que derrière une école, il y a des chercheurs qui produisent des idées, et que ces idées sont publiques. L'ESCP les met en avant sur « The Choice », son média. Et c'est exactement le genre de matière qui te rend rare devant un jury : pas le candidat qui connaît le classement, le candidat qui connaît une idée.

Prenons-en une, récente et limpide, et regardons comment t'en servir sans tricher.

« Avoir plusieurs maisons » : l’idée de la recherche ESCP décryptée

Dans un article publié en juin 2025 sur « The Choice », Laetitia Mimoun, professeure associée en marketing à l'ESCP, présente avec ses co-autrices Zahra Sharifonnasabi et Fleura Bardhi une recherche sur ce que l'on appelle les professionnels « globalement mobiles ». Ce sont des personnes dont la vie professionnelle se déploie entre plusieurs pays, qui ne s'installent pas durablement à un seul endroit mais entretiennent plusieurs lieux de vie en parallèle.

Le cœur de l'idée : pour ces personnes, le « chez-soi » n'est pas un lieu unique. Il se découpe en plusieurs rapports distincts, et chacun remplit une fonction différente. Il y a la « maison émotionnelle », celle où vivent les attachements et les souvenirs. Il y a le « chez-soi loin de chez soi », là où se déroule la vie quotidienne et familiale. Il y a la « base d'opération », un espace utilitaire, presque sans charge affective, qui sert le côté pratique. Et il y a la « maison sur la route », faite des affaires que l'on peut emporter facilement avec soi.

Pourquoi des gens choisissent-ils ce mode de vie ? La recherche avance trois raisons : les exigences du poste, un accès facilité à de nouvelles opportunités, et la valeur croissante de la flexibilité, cette capacité à s'adapter quand les circonstances changent. On l'a vu de façon nette lors du Brexit et de la pandémie.

Mais l'article insiste sur un point que les entreprises sous-estiment : tout cela a un coût. Mimoun le dit clairement, gérer plusieurs maisons est « très coûteux », c'est une « lourde charge mentale ». Les employeurs continuent souvent de raisonner avec de vieux packages de relocalisation, alors que la réalité psychologique et logistique de ces salariés est bien plus complexe. L'article s'appuie sur une étude académique publiée dans une revue de recherche reconnue, donc ce n'est pas un simple billet d'opinion.

Ce que cette recherche dit de l’ESCP

Cette recherche n'est pas un hasard. Elle parle marketing, consommation, conditions de vie au travail, mobilité internationale. Or l'ESCP, c'est précisément l'école au campus éclaté entre plusieurs villes européennes, l'école où l'on étudie en bougeant d'un pays à l'autre. Une professeure de l'ESCP qui travaille sur des gens dont la vie se joue entre plusieurs pays, ce n'est pas une coïncidence, c'est une cohérence.

Comprendre cela, c'est saisir l'identité intellectuelle de l'école. Quand tu lis une recherche comme celle-ci, tu touches du doigt ce qui intéresse vraiment l'ESCP : comment les individus et les organisations vivent l'international, non pas en théorie mais dans le concret du quotidien, de la charge mentale, du sentiment de « chez-soi ». C'est ça, le fit intellectuel. Et c'est ce qui te permet de répondre au « pourquoi cette école » autrement qu'avec une brochure.

Comment mobiliser cette recherche ESCP à ton oral ?

Voici des angles concrets, et seulement des angles. La connexion fine à ton propre profil, c'est à toi de la construire.

Le piège

Le piège, c'est de faire semblant. De citer Mimoun comme on cite une formule apprise par cœur, sans avoir compris l'idée, sans pouvoir la prolonger. Un jury de l'ESCP sent immédiatement la récitation. Si tu lâches « les quatre concepts de maison » mais que tu sèches à la première relance, l'effet se retourne contre toi : tu passes pour celui qui bachote des arguments.

Il ne s'agit pas d'impressionner avec un nom propre, il s'agit de montrer une curiosité réelle. Lis l'idée, comprends-la, garde une opinion dessus, et accepte de ne mobiliser que ce que tu maîtrises vraiment. Une idée comprise bat dix références jetées.

FAQ

Faut-il avoir lu l’étude académique complète ?

Non. L'article de « The Choice » suffit largement pour l'oral, il est écrit pour être accessible. Ce que le jury attend, c'est que tu aies compris l'idée et que tu saches en parler, pas que tu cites la référence académique exacte.

Et si le jury ne connaît pas cette recherche précise ?

Aucun problème. Tu ne cites pas pour piéger le jury, tu cites pour montrer ta démarche. L'important est la qualité de ta réflexion autour de l'idée, pas le fait que ton interlocuteur ait lu le même article.

Ça marche pour les autres écoles ?

Oui, c'est une méthode transposable. Chaque grande école met en avant sa recherche. Pour l'ESSEC, regarde recherche-essec-ia-gouvernance-oral ; pour HEC, le triptyque-hec-mode-emploi ; pour l'EM Lyon, emlyon-esprit-maker. Et pour l'ESCP en particulier, prépare aussi oral-escp-entretien-personnalite.

Combien de recherches faut-il connaître ?

Une ou deux, vraiment maîtrisées, valent mieux qu'une liste. Le but n'est pas le volume, c'est la profondeur et la capacité à connecter l'idée à toi.

Où trouver d’autres pistes par école ?

Le hub oraux-ecoles-de-commerce-ecole-par-ecole te donne l'entrée par école, et le pilier recherche chaires-recherche-hec-essec-escp-oral te montre comment travailler les chaires et les thèmes.


Connaître une idée, c'est le début. La transformer en réponse qui sonne juste, reliée à ton histoire et calibrée pour CE jury, c'est un autre métier. Pendant que les autres récitent trois lignes sur le campus, toi tu peux arriver avec une longueur d'avance : une recherche de l'école comprise, et une façon bien à toi de la connecter. C'est exactement le travail que l'on fait dans le programme, profil par profil, école par école. Les oraux ne se rejouent pas. On les prépare pour ne rien regretter.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →