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Esprit maker d'EM Lyon : le prouver à l'oral sans le réciter
- EM Lyon se définit comme une école d'« early makers » : une identité qui valorise le faire, l'action, l'expérimentation, l'envie d'entreprendre (au sens large, pas seulement de créer une start-up).
- Cet esprit irrigue l'entretien de personnalité et son épreuve des cartes : le jury cherche des candidats qui agissent, qui tirent des leçons de leurs expériences et qui se projettent.
- Il ne s'agit pas de réciter « j'ai l'esprit maker », il s'agit de le prouver par des exemples concrets de choses que tu as faites, lancées, ratées, recommencées.
- Un « pourquoi EM Lyon » crédible se construit en connectant cette identité d'école à ta façon à toi d'avancer dans la vie, pas en répétant la brochure.
EM Lyon a une signature que l'on entend partout dès que l'on s'intéresse à l'école : les « early makers ». Derrière l'anglicisme, une idée simple. EM Lyon revendique une pédagogie du faire, héritée de sa fondation par des entrepreneurs de la soie lyonnaise en 1872, et résumée par sa propre formule : « faire pour apprendre, apprendre pour faire ». L'école se positionne comme un lieu qui forme des profils entrepreneuriaux, c'est-à-dire des gens qui passent à l'action, qui testent, qui transforment.
Or, et c'est tout l'enjeu de cet article, cette identité n'est pas un slogan posé sur un site. Elle imprègne la manière dont le jury t'évalue à l'oral. Quand tu passes l'entretien de personnalité d'EM Lyon, tu n'es pas seulement face à des examinateurs qui veulent savoir si tu es sympathique. Tu es face à des gens qui cherchent à repérer, chez toi, une capacité à faire.
Donc comprendre l'esprit maker, ce n'est pas de la culture d'école pour briller en société. C'est la clé de lecture qui t'explique pourquoi le jury te pose certaines questions plutôt que d'autres, et ce qu'il écoute vraiment derrière tes réponses. Voyons comment l'incarner sans le réciter, et comment en faire le socle d'un « pourquoi EM Lyon » qui tient debout.
Ce que veut dire « maker » (et ce que ça ne veut pas dire)
Premier malentendu à dissiper : « maker » ne veut pas dire « je veux créer ma boîte ». Si tu débarques à l'oral en récitant un projet de start-up que tu n'as jamais commencé à construire, tu rates la cible. L'esprit maker, ce n'est pas une ambition affichée, c'est une posture face au réel.
Faire, expérimenter, agir : trois verbes qui décrivent une façon d'avancer. Le maker, c'est celui qui ne reste pas dans la théorie. Il essaie. Il bricole une solution. Il se trompe, il ajuste, il recommence. Il apprend en faisant plutôt qu'en attendant d'avoir tout compris avant de bouger. Cette logique « do it yourself » devenue mouvement entrepreneurial, c'est exactement ce que l'école met au cœur de sa pédagogie.
Concrètement, à l'échelle d'un candidat de prépa ou d'admission parallèle, l'esprit maker se prouve par des choses minuscules autant que par des grandes. Avoir monté un événement associatif et géré l'imprévu de dernière minute. Avoir lancé un projet, l'avoir vu capoter, et savoir précisément pourquoi. Avoir transformé une galère en compétence. Il ne s'agit pas d'avoir un CV de serial entrepreneur, il s'agit de montrer que, face à un problème, ton premier réflexe est de faire quelque chose.
Comment l'esprit maker imprègne l'entretien à 4 cartes
L'entretien de personnalité d'EM Lyon dure vingt-cinq minutes (coefficient 9, autant dire qu'il pèse lourd) et tourne autour d'une mécanique singulière : l'épreuve des cartes. Tu tires quatre cartes correspondant à quatre thèmes : Expérience, Personnalité, Créativité, Projet. Tu choisis par laquelle commencer, puis le jury mène l'échange. (Pour le déroulé complet et la mécanique de l'épreuve, regarde l'article dédié à l'oral EM Lyon et son épreuve des 4 cartes.)
Regarde maintenant ces quatre thèmes avec la grille de lecture maker. Ils ne sont pas posés au hasard. Ils dessinent en creux le portrait du candidat que l'école veut révéler.
La carte Expérience ne demande pas la liste de ce que tu as fait. Elle demande ce que tu en as tiré : un maker apprend de son action. La carte Projet teste ta capacité à te projeter et à rester cohérent avec EM Lyon : un maker se met en mouvement vers quelque chose. La carte Créativité mesure ton imagination et ta réactivité face à une question inattendue, du type « si vous deviez réinventer un fast-food, comment feriez-vous ? » : un maker invente, propose, n'a pas peur de la page blanche. La carte Personnalité cherche à savoir qui tu es vraiment, ce qui te met en mouvement.
Donc l'esprit maker n'est pas une cinquième carte cachée. Il est le fil qui relie les quatre. Le jury évalue d'ailleurs sur des dimensions très révélatrices : exigence envers soi, responsabilité, intégrité, ouverture à la diversité, générosité envers les autres. Ce sont les valeurs d'un faiseur responsable, pas d'un théoricien.
Incarner l'esprit maker sans le réciter
Voici le piège dans lequel tombent les candidats qui ont « révisé » l'identité d'EM Lyon : ils prononcent les mots. « J'ai l'esprit early maker. » « Je suis quelqu'un qui aime entreprendre. » Le jury entend ça toute la journée. Une affirmation sur soi ne prouve rien, elle alourdit.
L'esprit maker ne se déclare pas, il se déduit. C'est au jury de conclure « cette personne est une faiseuse » après t'avoir écouté, jamais à toi de le lui annoncer. Et il ne le conclura que d'une chose : tes exemples. Quand tu racontes une expérience, ne t'arrête pas à ce que tu as accompli. Montre le geste. Qu'est-ce que tu as décidé ? Qu'est-ce que tu as fait quand ça a déraillé ? Qu'est-ce que tu as appris et que tu refais autrement aujourd'hui ?
Quelques réflexes qui incarnent la posture sans la nommer : raconter une initiative que tu as lancée toi-même plutôt qu'à laquelle tu as participé ; assumer un échec et en tirer une leçon précise (c'est très maker, l'erreur féconde, et c'est le sujet de notre article sur la question de l'échec à l'oral) ; sur la carte Créativité, oser proposer une idée imparfaite et la construire à voix haute plutôt que de chercher la réponse parfaite. Le jury préfère mille fois un candidat qui pense en faisant à un candidat qui récite.
C'est exactement la logique du candidat propre contre le candidat rare : le propre coche les cases et prononce les bons mots ; le rare laisse voir une matière personnelle que l'on n'oublie pas. L'esprit maker se loge dans cette matière-là.
Nourrir un « pourquoi EM Lyon » crédible
« Pourquoi EM Lyon ? » est la question qui sépare ceux qui ont compris l'école de ceux qui ont lu son classement. La pire réponse possible : réciter les atouts de la brochure (le réseau, le rang, le campus). Tous les candidats les ont lus. Ça ne te distingue pas, ça te fond dans la masse.
Un « pourquoi » crédible connecte deux choses : l'identité réelle de l'école et ta façon à toi d'avancer. Si EM Lyon valorise le faire, alors ton « pourquoi » doit s'appuyer sur ta propre relation à l'action. Pas « EM Lyon est entrepreneuriale et j'aime l'entrepreneuriat » (creux), mais quelque chose comme : voici comment je fonctionne (par l'action, par l'essai, par l'apprentissage de mes ratés), et voici précisément ce que la pédagogie du faire de cette école vient nourrir chez moi. La cohérence entre qui tu es et ce que l'école propose, voilà ce qui rend la réponse vraie.
Donc le travail n'est pas d'apprendre EM Lyon par cœur. Il est de te comprendre toi assez bien pour identifier ce qui, chez toi, résonne sincèrement avec l'esprit maker. C'est un travail de fond, celui que l'on développe dans bien se raconter commence par se comprendre. Et pour la mécanique du « pourquoi cette école » applicable à toutes tes planches, l'article sur le pourquoi cette école à l'oral te donne la méthode de fond.
EM Lyon n'est qu'une école parmi celles que tu prépares. Pour situer cet oral dans l'ensemble du marathon des oraux, reviens au panorama des oraux école par école.
FAQ
C'est quoi l'esprit maker d'EM Lyon ?
C'est la signature identitaire de l'école, résumée par l'expression « early makers ». Elle valorise le faire, l'action, l'expérimentation et l'envie d'entreprendre, selon la devise « faire pour apprendre, apprendre pour faire ». Ce n'est pas réservé aux créateurs de start-up : c'est une posture face au réel, celle de quelqu'un qui passe à l'action et apprend de ses essais.
Faut-il vouloir créer une entreprise pour intégrer EM Lyon ?
Non, c'est un contresens fréquent. L'esprit maker dépasse largement la création d'entreprise. Le jury cherche une capacité à agir, à expérimenter, à tirer des leçons de tes expériences, que ton projet soit entrepreneurial, intrapreneurial, associatif ou autre. Un projet inventé pour cocher la case serait vite démasqué.
Comment montrer l'esprit maker à l'oral des cartes ?
En le prouvant par des exemples concrets, jamais en l'affirmant. Sur chaque carte, montre le geste : ce que tu as décidé, fait, raté, recommencé, appris. Sur la carte Créativité, ose construire une idée imparfaite à voix haute plutôt que de chercher la réponse parfaite. C'est au jury d'en déduire que tu es une faiseuse.
Comment répondre à « pourquoi EM Lyon » de façon crédible ?
En connectant l'identité réelle de l'école (la pédagogie du faire) à ta propre façon d'avancer, avec des exemples personnels. Évite la brochure (réseau, classement, campus) que tous les candidats récitent. La crédibilité vient de la cohérence entre qui tu es et ce que l'école propose, pas de l'accumulation d'arguments génériques.
Quels sont les thèmes des 4 cartes de l'oral EM Lyon ?
Les quatre cartes portent sur l'Expérience, la Personnalité, la Créativité et le Projet. Tu choisis par laquelle commencer, puis le jury mène l'échange sur les autres. L'entretien dure environ vingt-cinq minutes. Chaque thème permet au jury de repérer, à sa manière, ta capacité à agir et à te raconter sincèrement.
Dans Connect the dots, on ne te fait pas réciter l'identité d'EM Lyon : on t'aide à repérer, dans ton propre parcours, les moments où tu as vraiment fait quelque chose, pour que l'esprit maker transparaisse dans tes exemples au lieu d'être un mot prononcé devant le jury.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →