Photo : Vitaly Gariev sur Unsplash
Recherche EM Lyon : l'entrepreneuriat d'impact, la recherche derrière l'esprit maker
- La thèse : à emlyon, l'entrepreneuriat n'est pas un plan que l'on déroule, c'est une méthode d'action. On part de ce que l'on a, on agit, on apprend de ce qui arrive. La recherche de l'école lui donne un nom savant : l'effectuation.
- Le résultat marquant : Philippe Silberzahn, professeur de stratégie à emlyon, montre que les entrepreneurs experts ne suivent pas la logique « idée, business plan, financement, exécution ». Ils raisonnent en perte acceptable et créent leur environnement au lieu de le subir. C'est la fin de l'entrepreneur-héros.
- Ce que ça dit de l'école : la marque « maker » n'est pas un slogan marketing. Elle repose sur un vrai centre de recherche (InvEnt) et un institut dédié à l'entrepreneuriat d'impact (I2E). Le « faire » est adossé à de la science.
- Comment ça sert à l'oral : tu arrêtes de réciter « emlyon, l'école des makers » et tu montres au jury que tu sais ce que « faire » veut dire, méthodiquement. Une longueur d'avance immédiate.
Presque personne ne va lire la recherche des profs de son école cible. On apprend le classement, on retient trois mots de la brochure, on récite « esprit maker » à l'oral comme tout le monde. Et le jury, qui a entendu la formule cent fois dans la journée, décroche. C'est dommage, parce que derrière le mot « maker », il y a une vraie pensée, des chercheurs qui la nourrissent, et une idée forte que tu peux t'approprier.
Ici, on ne te refait pas l'article sur l'esprit maker. On va voir la recherche EM Lyon qui se trouve dessous : comment l'école théorise l'entrepreneuriat comme passage à l'action, et ce que tu peux en tirer pour ton oral. On décrypte une publication réelle, récente, signée d'un chercheur de la maison. Et on te montre comment la mobiliser sans réciter.
Qu'est-ce que la recherche emlyon dit vraiment de l'entrepreneuriat d'impact et du passage à l'action ?
Commençons par la publication. En septembre 2025, Philippe Silberzahn, professeur de stratégie à emlyon, signe sur la plateforme Knowledge de l'école un texte limpide : « Effectuation, et si vous changiez de point de vue sur l'entrepreneuriat ? ».
Son point de départ, c'est une critique. On imagine l'entrepreneur comme un visionnaire qui a une idée géniale, rédige un business plan, lève des fonds, puis exécute. Une ligne droite. Silberzahn dit : ce n'est pas comme ça que les entrepreneurs expérimentés procèdent réellement. Leur logique, appelée effectuation, repose sur cinq principes d'action, et je te les donne parce que ce sont eux, la vraie matière de ton oral.
Premier principe : partir de ses moyens. On ne se demande pas « de quoi ai-je besoin pour réaliser mon idée ? », mais « qu'est-ce que je peux faire avec ce que j'ai déjà, ici, maintenant ? ». Deuxième : raisonner en perte acceptable. Plutôt que de calculer un gain hypothétique, on décide ce que l'on est prêt à perdre. Ça débloque l'action, parce que le risque devient maîtrisable. Troisième : obtenir des engagements. On avance en embarquant des partenaires qui apportent leurs ressources ; l'entrepreneuriat devient une co-création, jamais un exploit solitaire. Quatrième : tirer parti des surprises. L'imprévu, bon ou mauvais, n'est pas un accident à corriger, c'est une information à exploiter. Cinquième : créer son environnement au lieu de s'y adapter, en transformant les représentations collectives.
La conclusion de Silberzahn est celle qui t'intéresse pour connecter les points : l'effectuation « signe la fin du mythe de l'entrepreneur-héros » et rend l'entrepreneuriat accessible à tous, pas seulement aux génies visionnaires. On agit avec ce que l'on est. Voilà ce que « faire » veut dire chez un chercheur d'emlyon : une méthode, pas un tempérament.
Ce que cette recherche dit de l'école
Deux choses, et elles comptent auprès du jury.
D'abord, la marque « maker » tient debout scientifiquement. emlyon abrite un vrai centre de recherche sur l'entrepreneuriat et l'innovation, InvEnt, et un institut dédié, l'Institute for Impactful Innovation & Entrepreneurship (I2E). La recherche d'InvEnt s'organise autour de trois axes : le lieu et l'entrepreneuriat, la transition socio-écologique, et les politiques, la régulation, l'éducation et les dynamiques de création. Sa devise, « apprendre, désapprendre, réapprendre l'innovation et l'entrepreneuriat », dit tout : on n'y enseigne pas une recette figée, on cultive une posture qui se réajuste.
Ensuite, le mot « impact » n'est pas décoratif. L'école ne parle pas d'entrepreneuriat pour former des créateurs de start-up à tout prix. Elle parle d'entrepreneuriat d'impact : agir pour transformer les organisations et la société, dans une logique responsable et souvent liée à la transition écologique. C'est le fil qui relie l'effectuation (la méthode d'action) à la vocation de l'école (l'impact). Le « faire » a une direction.
Pour le jury, un candidat qui a saisi ça envoie un signal clair : tu ne veux pas emlyon pour la ligne sur ton CV, tu veux emlyon parce que sa conception de l'action te parle. C'est exactement la grille de lecture qui fait que l’on te perçoit comme un futur maker, et pas comme un candidat qui a lu la plaquette.
Comment mobiliser cette recherche à ton oral ?
Voici cinq façons concrètes de t'en servir, de la plus simple à la plus fine.
- Traduis « esprit maker » en méthode. Quand on te demande pourquoi emlyon, ne dis pas « pour l'esprit maker ». Dis que l'école théorise l'entrepreneuriat comme un passage à l'action, l'effectuation, et cite le principe qui te ressemble le plus. Tu montres que tu sais ce qu'il y a sous le mot.
- Relis ton propre parcours en effectuation. Une expérience associative, un job d'été, un projet mené sans moyens : raconte-le avec la logique « je suis parti de ce que j'avais, j'ai défini ce que je pouvais me permettre de perdre, j'ai embarqué des gens ». Ton histoire devient une preuve, pas une anecdote.
- Utilise « perte acceptable » sur une question de risque. Si le jury te pousse sur l'échec ou la prise de risque, le raisonnement en perte acceptable te donne une réponse mature : on n'agit pas malgré le risque, on le borne pour pouvoir agir.
- Relie l'action à l'impact. Sur un sujet de culture générale ou d'actualité (transition écologique, entreprise responsable), montre que chez emlyon, entreprendre n'est pas une fin en soi mais un moyen de transformer. C'est le sens de l'institut I2E.
- Assume la fin de l'entrepreneur-héros. Si on t'imagine en petit génie solitaire, corrige avec le sourire : l'entrepreneuriat, tel que la recherche d'emlyon le décrit, est une co-création qui embarque des partenaires. Tu montres de la maturité, et de la modestie qui sonne juste.
Le piège à éviter
Le piège, c'est de citer « effectuation » comme un mot magique et de t'arrêter là. Le jury d'emlyon connaît sa propre recherche mieux que toi. Si tu lâches le terme sans pouvoir l'expliquer avec un exemple, tu passes du candidat qui impressionne au candidat qui bluffe, et ça, ça se paie cher : le jury retient la faille, pas le mot savant. Une seule question de relance (« concrètement, l'effectuation, ça donne quoi ? ») et tout s'effondre si tu n'as pas creusé.
L'inverse est vrai aussi. Un candidat qui n'a jamais entendu parler de tout ça, mais qui raconte sincèrement un projet mené « avec les moyens du bord » en embarquant des gens, fait déjà de l'effectuation sans le savoir. Le combo gagnant, c'est le vécu plus le mot juste. Ni le jargon seul, ni l'anecdote seule.
FAQ
C'est quoi, la différence entre l'esprit maker et l'effectuation ?
L'esprit maker, c'est la culture de l'école, la devise « on apprend en faisant ». L'effectuation, c'est la théorie de recherche qui explique comment ce « faire » fonctionne concrètement, avec ses cinq principes. Le maker, c'est l'identité ; l'effectuation, c'est la méthode dessous. À l'oral, citer les deux montre que tu as relié la marque à la science.
Faut-il vouloir créer une start-up pour réussir l'oral emlyon ?
Non. L'entrepreneuriat d'impact chez emlyon est d'abord une posture d'action, pas un statut. On peut être un « maker » en entreprise, dans l'associatif, dans le service public. Ce que le jury cherche, c'est ta capacité à agir avec ce que tu as et à embarquer les autres, pas un projet de licorne.
Qui est Philippe Silberzahn et pourquoi le citer ?
Philippe Silberzahn est professeur de stratégie à emlyon et l'une des voix francophones de référence sur l'effectuation. Le citer, avec son article de 2025, prouve au jury que tu es allé chercher la recherche de l'école toi-même, au lieu de recopier la brochure. C'est un marqueur de sérieux, à condition de savoir de quoi tu parles.
Comment éviter de réciter la fiche à l'oral emlyon ?
En partant de toi. Prends un principe (la perte acceptable, la co-création) et illustre-le par une expérience réelle de ton parcours. La recherche devient une grille de lecture de ton histoire, et non un discours plaqué. Le jury entend la différence entre quelqu'un qui récite et quelqu'un qui pense.
Tu commences à voir ce que « faire » veut vraiment dire à emlyon, et pourquoi la recherche de l'école change la façon dont tu peux te présenter. Pour aller plus loin, relie ça à l'esprit maker d'emlyon, à la recherche d'emlyon sur la stratégie dans l'Anthropocène et aux bonnes raisons de viser emlyon à l'oral. Tu peux aussi prendre de la hauteur avec notre panorama des oraux école par école et notre décryptage des chaires de recherche du top 5 à mobiliser à l'oral.
C'est exactement le travail que l'on fait avec toi dans la préparation Connect the dots : transformer une recherche de prof en argument d'oral qui te ressemble. Pendant que les autres récitent « esprit maker », tu arrives avec une méthode, un chercheur, un exemple à toi. C'est ça, la longueur d'avance.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →