Découvrir À propos Accéder à l'app →
← Tous les articles
La carte Projet d'EM Lyon : montrer une direction sans réciter un plan

Photo : Ian Valerio sur Unsplash

carte projet EM Lyon

La carte Projet d'EM Lyon : montrer une direction sans réciter un plan

MA·2026-06-27
L'essentiel
  • La carte Projet fait partie des quatre cartes que l'on tire au sort à l'oral d'EM Lyon, et c'est celle où le piège se referme par les deux bouts : le flou et le plan trop verrouillé perdent l'un comme l'autre.
  • Le jury ne te demande pas un plan de carrière au cordeau. Il regarde ta capacité à te projeter, ta cohérence avec l'école, et ton rapport au risque et à l'action.
  • Une question comme « où vous voyez-vous en 2030 ? » ou « un million d'euros, dans quelle start-up investis-tu ? » n'attend pas une feuille de route. Elle attend une direction assumée, et la façon dont tu la défends.
  • Le bon réflexe : montrer un cap relié à ton parcours et à l'esprit maker, un cap qui peut évoluer sans que ça te déstabilise. Donc ni « je verrai », ni un plan récité au mot près.

Tu as préparé tes expériences, tu connais tes valeurs, tu as bossé ta présentation. Et puis tu tires la carte Projet, et tombe une question qui touche un point sensible : ton avenir. « Où vous voyez-vous en 2030 ? » Là, deux camps se forment chez les candidats. Ceux qui se réfugient dans le flou, le fameux « je ne sais pas encore, je verrai bien », parce qu'ils ont peur de s'engager sur du faux. Et ceux qui déroulent un plan ultra-cadré, année par année, fonction par fonction, comme un GPS qui n'aurait jamais entendu parler d'un imprévu. Les deux ratent la cible.

Il ne s'agit pas d'avoir un projet ficelé à dix-huit ans. Il s'agit de comprendre ce que cette carte cherche vraiment, pourquoi ces deux travers la trahissent, et comment montrer une direction qui te ressemble sans réciter quoi que ce soit. C'est tout l'objet de cet article.

La carte Projet en bref : ce qu'elle teste

À l'oral d'EM Lyon, l'entretien dure environ vingt-cinq minutes, sans préparation, et tourne autour de quatre cartes tirées au sort : Expérience, Personnalité, Créativité, Projet. Tu réponds, et le jury construit ses questions à partir de ce que tu dis. La carte Projet, c'est celle qui te demande de regarder devant. Professionnel, entrepreneurial, parfois personnel : peu importe la forme, ce que le jury sonde, c'est ta capacité à te projeter et à tenir un cap.

Trois choses se jouent là, en réalité. D'abord, ta capacité à te projeter tout court : est-ce que tu as commencé à penser ton avenir, ou est-ce que tu avances à vue. Ensuite, ta cohérence avec EM Lyon : est-ce que ta direction colle avec ce que l'école est et défend, ou est-ce qu'elle pourrait s'écrire à l'identique pour n'importe quelle autre école. Enfin, et c'est le plus discret, ton rapport au risque et à l'action : face à « un million d'euros, dans quelle start-up investis-tu ? », le jury ne teste pas tes connaissances en finance. Il regarde si tu sais trancher, assumer un pari, et défendre un choix qui t'engage.

Ce qu'il ne cherche pas, et c'est libérateur de le savoir : un plan de carrière au cordeau. Personne n'attend que tu saches déjà dans quelle entreprise et à quel poste tu seras dans six ans. Ce serait même suspect. Ce que le jury veut, c'est une direction habitée, pas un itinéraire imprimé.

L'erreur classique : le flou ou le plan figé

Le piège de cette carte est double, et c'est ce qui la rend coriace. Tu peux te planter par excès de vide ou par excès de rigidité.

Le premier travers, c'est le projet flou. « Je ne sais pas encore, je verrai en fonction des opportunités. » Sur le papier, ça se veut humble et ouvert. En vrai, ça sonne comme une absence. Le jury entend : « je n'ai pas réfléchi », ou pire, « je n'ose pas m'engager ». Or une école qui revendique l'action et le faire ne peut pas se contenter de quelqu'un qui attend que la vie décide à sa place. Le flou n'est pas de l'ouverture d'esprit. C'est, le plus souvent, une dérobade qui se voit.

Le second travers est l'inverse exact, et il piège surtout les profils scolaires les plus appliqués : le plan figé, récité. Tu as préparé une trajectoire impeccable, tu la déroules au mot près, avec les bonnes étapes et les bons intitulés de poste. Le problème, c'est que ça sonne faux, et que ça sonne fermé. Le jury sent le texte appris. Et surtout, à la première relance, « et si ce secteur s'effondrait ? », « et si vous changiez d'avis en deuxième année ? », le plan trop verrouillé craque, parce qu'il n'a jamais été pensé pour bouger. Tu défends alors une forteresse au lieu d'une direction, et tu te crispes.

Le point commun de ces deux erreurs, c'est qu'aucune ne montre ce que le jury cherche vraiment : un cap assumé mais vivant. Le flou n'a pas de cap. Le plan figé a un cap, mais mort.

Comment l'aborder : une direction assumée qui peut évoluer

Voici le déplacement à opérer, et c'est le cœur de tout : sur cette carte, tu ne montres pas une destination, tu montres une trajectoire. Une destination, c'est un point fixe que tu défends ou que tu n'as pas. Une trajectoire, c'est un mouvement avec un sens, qui vient de quelque part et qui va quelque part, tout en restant capable de s'ajuster en route. C'est ça, une direction assumée.

Assumée, ça veut dire que tu oses dire « voilà ce qui m'attire, voilà vers quoi je vais ». Pas « je verrai ». Un cap clair, énoncé sans trembler. Le jury a besoin de te voir choisir, parce que choisir, c'est déjà un acte. Même si tu doutes encore, tu peux nommer une direction dominante, celle qui, aujourd'hui, te met le plus en mouvement.

Reliée à ton parcours, ensuite. Ta direction ne doit pas tomber du ciel : elle doit pouvoir se connecter à ce que tu as déjà vécu, vu, aimé, testé. C'est là que la carte Projet rejoint la carte Expérience. Un projet crédible, c'est un projet dont on voit les racines. Tu ne plaides pas un rêve, tu montres une logique : voilà d'où ça vient, voilà pourquoi ça tient debout chez toi et pas chez un autre.

Connectée à l'esprit maker, aussi. EM Lyon revendique une culture du faire, du test, de l'entrepreneuriat, des early makers qui fabriquent au lieu d'attendre. Une direction qui colle à l'école, c'est une direction qui respire l'action plutôt que la spectatrice. Sur « un million d'euros, dans quelle start-up investis-tu ? », le jury n'attend pas le bon ticket gagnant : il regarde si tu sais poser une thèse, prendre un risque, et l'assumer tout haut. C'est exactement le rapport au risque que l'école cherche.

Capable d'évoluer, enfin, et c'est ce qui désamorce le piège du plan figé. Tu peux dire qu'une direction t'anime aujourd'hui tout en assumant qu'elle s'affinera, que l'école est justement là pour la confronter, l'élargir, parfois la faire pivoter. Cette souplesse n'est pas une faiblesse : c'est de la maturité. Elle prouve que ton cap est réfléchi sans être verrouillé, et c'est précisément l'équilibre que le jury récompense.

Je ne vais pas te donner de trame à réciter, et c'est volontaire : une direction posée sur un gabarit se repère en trois secondes et te ramène pile dans le travers du plan figé. Ce qui se travaille en amont, ce n'est pas un script, c'est la clarté sur ce qui te met réellement en mouvement, et ta capacité à le connecter à toi. Ça, ça se prépare, et ça ne se récite pas.

FAQ

Qu'est-ce que la carte Projet à l'oral d'EM Lyon ?

C'est l'une des quatre cartes tirées au sort pendant l'entretien d'EM Lyon, aux côtés des cartes Expérience, Personnalité et Créativité. Elle t'invite à parler de ton avenir, professionnel, entrepreneurial ou personnel. Le jury y teste ta capacité à te projeter, ta cohérence avec l'école et ton rapport au risque, pas la précision d'un plan de carrière.

Faut-il avoir un projet professionnel précis pour l'oral d'EM Lyon ?

Non, et c'est même un soulagement de le savoir. Le jury n'attend pas que tu saches déjà ton poste et ton entreprise dans six ans. Il attend une direction assumée, reliée à ton parcours, qui peut évoluer. Un cap clair vaut bien mieux qu'un plan détaillé qui sonne appris ou qu'un « je verrai » qui sonne vide.

Comment répondre à « où vous voyez-vous en 2030 ? » à EM Lyon ?

Tu nommes une direction dominante, celle qui t'anime le plus aujourd'hui, et tu la connectes à ce que tu as déjà vécu et à l'esprit d'action de l'école. Tu assumes que ce cap pourra s'affiner, sans pour autant te réfugier dans le flou. L'idée est de montrer un mouvement réfléchi, pas une destination figée ni une absence de réponse.

Que cherche le jury avec « un million d'euros, dans quelle start-up investis-tu ? »

Pas tes connaissances en finance ni le bon pari gagnant. Le jury regarde si tu sais trancher, défendre une thèse et assumer un risque tout haut. C'est une question sur ton rapport à l'action et à la décision, parfaitement raccord avec la culture maker d'EM Lyon. Une réponse molle ou indécise pèse plus lourd qu'un choix discutable mais assumé.

Pourquoi le projet flou est-il pénalisé à l'oral d'EM Lyon ?

Parce que « je verrai bien » sonne comme une absence de réflexion ou un refus de s'engager. Dans une école qui revendique le faire et l'initiative, attendre que la vie décide à ta place joue contre toi. Le flou n'est pas de l'ouverture, c'est une dérobade qui se voit. Le jury préfère une direction imparfaite mais habitée.


Dans Connect the dots, on t'entraîne à poser une direction qui sonne juste : un jury qui te relance sur ton avenir comme le vrai, et le travail en amont pour que ton cap vienne vraiment de toi. Pendant que d'autres réciteront un plan que la première question fera craquer, tu défendras une trajectoire qui tient debout. Les oraux ne se rejouent pas : autant arriver avec une longueur d'avance.

Pour resituer la carte Projet dans l'ensemble du dispositif, lis l'oral d'EM Lyon et son épreuve des quatre cartes. Pour comprendre la culture du faire dans laquelle ta direction doit s'inscrire, va voir l'esprit maker d'EM Lyon. Sur le « pourquoi cette école » qui doit infuser ton projet, lis bien répondre à « pourquoi cette école ». Pour faire remonter les racines de ton projet, connecter les points de son parcours te sera précieux. Et pour replacer tout ça dans le grand tableau, garde sous la main le guide des oraux des écoles de commerce, école par école.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →