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La carte Expérience d'EM Lyon : transformer un vécu en preuve à l'oral

Photo : Jonatan Pie sur Unsplash

carte Expérience EM Lyon

La carte Expérience d'EM Lyon : transformer un vécu en preuve à l'oral

MA·2026-06-27
L'essentiel
  • La carte Expérience ne teste pas la liste de ce que tu as fait, elle teste ce que tu en as tiré : une décision, un obstacle, une leçon.
  • Le piège numéro un, c'est de réciter ton CV ou de sortir l'expérience « parfaite » sans aucun recul. Le jury décroche aussitôt.
  • Question type qui tombe : « raconte une expérience où tu as échoué, et ce que tu en as tiré ». L'échec n'est pas un problème, c'est un cadeau si tu sais le lire.
  • L'esprit maker d'EM Lyon récompense celui qui apprend de son action. Ta meilleure preuve, c'est un vécu vrai où l'on voit le geste, pas le vernis.

Pourquoi cette carte existe

À l'oral d'EM Lyon, tu arrives, tu t'assois, et tu tires quatre cartes au sort : Expérience, Personnalité, Créativité, Projet. Vingt-cinq minutes d'entretien, coefficient neuf, et surtout zéro préparation. Le jury construit ses questions en direct, à partir de ce que tu réponds. Donc la carte Expérience, ce n'est pas une formalité. C'est le moment où l'école vérifie une chose très précise : est-ce que tu sais regarder ton propre parcours comme une matière première, ou est-ce que tu te contentes de le réciter ?

Il faut comprendre la culture de l'école pour comprendre la carte. EM Lyon revendique un esprit « maker », ces fameux early makers : des gens qui font, qui expérimentent, qui se trompent et qui rebondissent. Pour une école comme celle-là, une expérience n'a de valeur que par ce que l'on en sort. Un maker, par définition, apprend de son action. Donc quand le jury tire la carte Expérience, il ne te demande pas « qu'as-tu fait ? ». Il te demande, en creux, « qu'est-ce que ça a fait de toi ? ».

La carte Expérience en bref : ce qu'elle teste vraiment

La carte couvre tout : un stage, un job d'été, une mission associative, un projet sportif, un voyage qui a mal tourné, une responsabilité que l'on t'a confiée trop tôt. Le périmètre est large, et c'est volontaire. Ce qui intéresse le jury, ce n'est pas le domaine, c'est ta capacité à tirer un enseignement de ce que tu as vécu.

Trois choses se jouent dans ta réponse, et il faut les voir clairement.

D'abord, le concret. Pas « j'ai développé mon sens du leadership », mais une situation réelle, datée, avec un contexte. Le jury veut sentir que tu y étais.

Ensuite, le geste. Une décision que tu as prise, un obstacle sur lequel tu as buté, un moment où tu as dû choisir. C'est là que ta personnalité apparaît, pas dans les adjectifs que tu colles sur toi.

Enfin, la leçon. Qu'est-ce que tu as compris ? Qu'est-ce que tu ferais autrement ? C'est ce qui transforme une anecdote en preuve. Une expérience sans leçon, c'est une ligne de CV lue à voix haute. Une expérience avec leçon, c'est un candidat qui pense.

C'est exactement cette logique de tri qui irrigue les quatre cartes de l'oral, et que l'on détaille dans le décryptage des 4 cartes d'EM Lyon.

L'erreur classique : le CV récité ou l'expérience trop lisse

Il y a deux pièges, et ils sont symétriques.

Le premier, c'est la liste de CV. Tu enchaînes : « j'ai fait ce stage, puis cette mission, puis ce projet ». Tu énumères. Le jury hoche la tête poliment et, au fond, il s'ennuie. Parce que tu ne lui apprends rien sur toi. Une liste, ça se lit sur ton dossier. Lui, il a vingt-cinq minutes pour rencontrer une personne, pas pour relire un document qu'il a déjà sous les yeux.

Le second piège est plus subtil, et plus fréquent chez les bons candidats : l'expérience parfaite. Tu choisis le moment où tout s'est bien passé, où tu as brillé, où l'on t'a félicité. Tu racontes une réussite sans aspérité. Le problème, c'est qu'une histoire sans obstacle n'a pas de geste, donc pas de leçon. Tu te présentes lisse, et lisse, pour une école qui cherche des makers, c'est presque suspect. Personne n'apprend rien en gagnant facilement.

C'est pour ça que la question « raconte un échec et comment tu as rebondi » tombe si souvent. Ce n'est pas un piège pour te déstabiliser. C'est une invitation. Le jury te tend la matière la plus riche qui soit, et beaucoup de candidats la gâchent en choisissant un faux échec (« mon plus gros défaut, c'est que je suis perfectionniste »). Un vrai échec assumé, avec un vrai rebond, vaut dix réussites récitées.

Comment l'aborder : montrer le geste, pas la performance

Il ne s'agit pas de trouver l'expérience la plus impressionnante, il s'agit de trouver l'expérience la plus vraie. Celle où il s'est passé quelque chose à l'intérieur de toi.

Choisis une expérience que tu peux défendre debout. Le jury rebondit sur tes réponses, sans préparation, donc tu seras questionné en profondeur. Une histoire empruntée ou enjolivée s'effondre à la deuxième relance. Une histoire vécue, tu la tiens, même sous pression. C'est le travail d'introspection qui précède l'oral, et que l'on aborde dans se raconter commence par se comprendre.

Fais apparaître le geste. Dans ton expérience, repère le moment de bascule : la décision que tu as prise, l'obstacle qui t'a forcé à choisir, l'instant où tu as agi sans filet. C'est ce moment-là qui intéresse le jury, parce que c'est là que tu deviens acteur de ton histoire et plus simple spectateur. Un maker se reconnaît à ses gestes, pas à ses titres.

Nomme la leçon, et connecte-la. Qu'est-ce que cette expérience t'a appris sur ta façon de travailler, de décider, de te relever ? Et surtout : en quoi cet apprentissage te rapproche de ce qu'EM Lyon cherche ? C'est là que ton vécu devient une preuve d'esprit maker au lieu d'une simple anecdote. Pour bien viser, il faut avoir compris ce que recouvre l'esprit maker d'EM Lyon.

Une dernière chose. Ne sépare jamais l'expérience de toi. Le jury ne juge pas ce qui t'est arrivé, il juge ce que tu en fais. Deux candidats peuvent avoir vécu exactement le même stage : l'un en sort une ligne, l'autre en sort une preuve de qui il est. La différence, ce n'est pas l'expérience. C'est le regard. Et c'est précisément ce regard qui sépare le candidat propre du candidat rare, une distinction que l'on creuse dans candidat propre, candidat rare.

Cette carte ne vit jamais seule, d'ailleurs. Ton expérience nourrit ta carte Projet, dialogue avec ta carte Personnalité, et peut même alimenter ta carte Créativité. Un parcours bien connecté résonne d'une carte à l'autre, et le jury le sent.

FAQ

Quelle expérience choisir pour la carte Expérience d'EM Lyon ?

Celle où il s'est réellement passé quelque chose : une décision difficile, un obstacle, un échec, un moment où tu as dû te dépasser. Pas forcément la plus prestigieuse, mais celle dont tu peux tirer une leçon claire et que tu peux défendre sous les relances du jury. La règle est simple : si tu ne peux pas dire ce que ça t'a appris, change d'exemple.

Faut-il vraiment raconter un échec à l'oral EM Lyon ?

Oui, et c'est même un atout. La question « raconte une expérience où tu as échoué et ce que tu en as tiré » tombe régulièrement. Un échec assumé, avec un vrai rebond, montre exactement l'esprit maker que l'école valorise : apprendre de son action. Le seul vrai risque, c'est le faux échec déguisé en qualité, que le jury repère immédiatement.

Comment éviter de réciter mon CV sur la carte Expérience ?

Arrête d'énumérer, et raconte une seule expérience en profondeur. Le jury a déjà ton dossier sous les yeux, il n'a pas besoin que tu le relises. Concentre-toi sur un moment, montre le geste que tu as posé, et termine par ce que tu en as compris. Une histoire incarnée bat toujours une liste, même brillante.

La carte Expérience est-elle liée aux autres cartes de l'oral ?

Totalement. Le jury construit ses questions en direct à partir de tes réponses, donc ton expérience peut ressurgir dans la carte Projet ou éclairer ta carte Personnalité. Un parcours dont les points se connectent donne une impression de cohérence très forte, un sujet que l'on développe dans connecter les points de son parcours.

Comment montrer mes qualités sans les nommer à l'oral ?

En les faisant apparaître dans le récit plutôt qu'en les annonçant. Dire « je suis résilient » ne prouve rien ; raconter comment tu t'es relevé après un échec prouve tout. Le jury préfère déduire tes qualités de tes actes. C'est tout l'enjeu de montrer ses soft skills sans les nommer.

Pour replacer EM Lyon dans l'ensemble du paysage, le panorama des oraux école par école te donne la vue d'ensemble.


Le jour de l'oral, pendant que les autres dérouleront leur CV à la chaîne, toi tu raconteras un vrai moment, avec un vrai geste et une vraie leçon. Cette longueur d'avance ne s'improvise pas le matin de l'épreuve : elle se construit en amont, en apprenant à connecter ton vécu à ce qu'EM Lyon cherche vraiment. C'est exactement ce que l'on travaille dans le programme Connect the dots, où l'on transforme ton parcours en preuves et où l'on t'entraîne à tenir tes réponses sous les relances du jury. Les oraux ne se rejouent pas. Autant arriver prêt.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →