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La carte Créativité d'EM Lyon : oser sans rien préparer

Photo : Open Clip Art sur Unsplash

carte créativité EM Lyon

La carte Créativité d'EM Lyon : oser sans rien préparer

MA·2026-06-27
L'essentiel
  • La carte Créativité fait partie des quatre cartes que l'on tire au sort à l'oral d'EM Lyon, et c'est celle qui fige le plus de profils scolaires.
  • Le jury ne note pas ton idée. Il regarde comment tu réagis quand le sol se dérobe, comment tu construis tout haut, comment tu connectes le sujet à toi.
  • Une question comme « si tu devais réinventer un fast-food, comment t'y prendrais-tu ? » n'attend pas la bonne réponse. Elle attend que tu oses penser devant quelqu'un.
  • Le réflexe à désamorcer : chercher la réponse parfaite avant de parler. Sur cette carte, le silence parfait perd toujours contre l'idée imparfaite assumée.

Tu as révisé tes expériences, ton projet, tes valeurs. Tu es au point. Et puis tu tires la carte Créativité, et tombe une question que tu n'as jamais anticipée. « Quel instrument aimerais-tu apprendre instantanément ? » « Réinvente-moi un fast-food. » Là, quelque chose se passe dans la tête de beaucoup de candidats brillants : le moteur cale. On cherche la réponse attendue, on ne la trouve pas, on se fige. Et le jury voit exactement ce qu'il voulait voir.

Il ne s'agit pas de devenir créatif sur commande. Il s'agit de comprendre pourquoi cette carte existe, pourquoi elle te déstabilise, et comment tu peux la traverser sans réciter quoi que ce soit. C'est tout l'objet de cet article.

Ce que la carte Créativité fait dans le dispositif

À l'oral d'EM Lyon, l'entretien tourne autour de quatre cartes tirées au sort : Expérience, Personnalité, Projet, Créativité. Quatre angles pour t'attraper sous quatre lumières différentes. Trois de ces cartes, tu peux les préparer sérieusement, parce qu'elles parlent de toi, de ton parcours, de là où tu vas.

La carte Créativité, elle, casse le jeu volontairement. Elle pose une question que tu ne pouvais pas voir venir, sur un terrain qui n'est pas ton CV. Et ce décrochage est le but. Le format même est conçu pour pénaliser les réponses apprises et récompenser la spontanéité. Donc plus tu arrives avec des fiches dans la tête, plus cette carte t'expose.

Ce n'est pas une lubie de l'école. EM Lyon revendique un esprit maker, une école où l'on fabrique, où l'on teste, où l'on accepte le brouillon. La carte Créativité, c'est ce positionnement transformé en épreuve. Le jury vérifie, en direct, si tu sais fonctionner dans l'incertitude, parce que c'est exactement ce que l'on te demandera de faire en école et après.

Ce que le jury teste vraiment (et ce dont il se moque)

Première chose à graver : le jury se moque de ton idée. Que ton fast-food du futur soit génial ou bancal, ça ne change presque rien à la note. Ce n'est pas un concours de pitchs.

Ce qu'il regarde, c'est ailleurs. Ta réactivité, d'abord : combien de temps tu mets à te remettre en mouvement après la surprise. Ta façon de raisonner tout haut, ensuite : est-ce que tu construis une idée brique par brique devant lui, ou est-ce que tu attends d'avoir tout en tête avant d'ouvrir la bouche. Et puis ta capacité à connecter, qui est sans doute le critère le plus puissant : transformer une question absurde en quelque chose qui parle de toi, de tes valeurs, de ce qui t'anime.

Réinventer un fast-food, ce n'est pas une question sur la restauration rapide. C'est une porte. Derrière, il peut y avoir ton rapport à l'alimentation responsable, ton intérêt pour l'expérience client, ta fascination pour la logistique, ton envie de réconcilier rapidité et qualité. Le jury attend de voir si tu sais franchir cette porte au lieu de rester planté devant en cherchant « la » bonne réponse.

Autrement dit : la créativité testée ici, ce n'est pas l'originalité de génie. C'est la souplesse. La capacité à rebondir, à assumer une direction, à habiter la question plutôt que la subir.

Pourquoi les profils scolaires se figent

Si tu es un bon élève, tu as passé des années à être récompensé pour une chose : trouver la réponse juste. Une question, une attente, une réponse correcte. Ce réflexe est devenu ta force. Et sur la carte Créativité, c'est précisément ce qui te trahit.

Parce que cette carte n'a pas de réponse correcte. Ton cerveau scolaire cherche pourtant la case à cocher, ne la trouve pas, et entre en boucle. On appelle ça l'angoisse de la page blanche, sauf qu'ici elle se joue à voix haute, devant trois personnes, avec un chrono. Le silence s'installe, la peur de dire une bêtise grandit, et plus tu attends la phrase parfaite, plus elle s'éloigne.

Il y a une deuxième raison, plus sournoise. Beaucoup de candidats confondent « créatif » et « brillant ». Ils croient que l'on attend d'eux une idée révolutionnaire, alors ils filtrent tout ce qui leur passe par la tête parce que rien n'est assez bon. Résultat : ils s'auto-censurent jusqu'au blanc complet. Or le jury ne demande pas du génie. Il demande du mouvement.

Comprendre ça change déjà tout. Tu n'es pas en train d'échouer à être créatif. Tu es en train de te battre contre un réflexe d'excellence qui, ce jour-là, joue contre toi. La bonne nouvelle, c'est que ce réflexe se rééduque.

Oser construire une idée imparfaite à voix haute

Voici le déplacement à opérer, et c'est le cœur de tout : sur cette carte, tu ne dois pas livrer une réponse, tu dois montrer une pensée en train de se faire. Ce sont deux choses opposées. La réponse, c'est un produit fini. La pensée qui se fait, c'est un processus, avec ses tâtonnements assumés, ses « tiens, et si », ses corrections en direct.

Ça veut dire accepter de commencer avant d'être sûr. Poser une première brique, même modeste. La regarder. En poser une deuxième dessus. Le jury n'a pas besoin que tu arrives à destination. Il a besoin de te voir marcher. Une idée moyenne déroulée avec assurance et plaisir bat dix fois une idée géniale jamais sortie de ta bouche.

Ça veut dire, aussi, t'autoriser à penser tout haut. « Spontanément, je dirais que… non, en fait, ce qui m'intéresse là-dedans c'est plutôt… » Cette phrase, qui te semble être un aveu de faiblesse, est en réalité de l'or : elle montre exactement le raisonnement vivant que le jury cherche. Tu n'as pas à cacher que tu réfléchis. Tu dois le rendre visible.

Et puis, dès que tu peux, tu connectes. Tu tires un fil entre la question décalée et quelque chose de vrai chez toi. Pas pour faire joli, mais parce que c'est là que la carte Créativité rejoint toutes les autres : elle veut, elle aussi, finir par parler de qui tu es. Le sujet n'est qu'un prétexte. Toi, tu es le sujet.

Je ne vais pas te donner de gabarit, et c'est volontaire. Un gabarit appliqué sur cette carte se voit en trois secondes et te ramène pile dans le travers que le jury traque. Ce qui se travaille en amont, ce n'est pas une réponse, c'est ta tolérance à l'imperfection assumée. Ça, ça s'entraîne, et ça se transfère sur toutes les questions qui te déstabilisent.

Comment t'y préparer sans la sur-préparer

Le paradoxe de cette carte : tu ne peux pas la préparer comme les autres, mais tu peux te préparer, toi, à la rencontrer. Nuance énorme.

Ce qui ne marche pas : collectionner les questions de créativité tombées les années passées pour leur fabriquer des réponses. Tu n'auras jamais la liste complète, les jurys en inventent en permanence, et une réponse pré-mâchée se sent immédiatement. Tu travaillerais des heures pour aggraver ton problème.

Ce qui marche : t'exposer à l'inattendu jusqu'à ce que ton corps cesse de paniquer. Demande à quelqu'un de te lancer des questions absurdes sans prévenir, et oblige-toi à parler dans les deux secondes, même mal. L'objectif n'est pas la qualité de tes réponses, c'est de baisser le seuil de panique, de t'habituer à ce que ton premier mot sorte avant que ta peur ne se referme.

Travaille aussi ta matière personnelle en profondeur. Plus tu connais tes valeurs, tes curiosités, ce qui te fait vibrer, plus tu auras de fils à tirer quand une question tombée de nulle part te demandera, au fond, de la connecter à toi. La carte Créativité ne récompense pas ceux qui ont préparé des réponses. Elle récompense ceux qui se connaissent assez pour rebondir sur n'importe quoi.

FAQ

Qu'est-ce que la carte Créativité à l'oral d'EM Lyon ?

C'est l'une des quatre cartes tirées au sort pendant l'entretien de personnalité d'EM Lyon, aux côtés des cartes Expérience, Personnalité et Projet. Elle pose une question décalée et imprévisible pour tester ta réactivité et ta façon de raisonner face à l'inattendu, pas la justesse de ta réponse.

Quelles questions tombent sur la carte Créativité d'EM Lyon ?

Des questions volontairement déroutantes, du type « si tu devais réinventer un fast-food, comment ferais-tu ? » ou « quel instrument aimerais-tu apprendre instantanément ? ». Il n'existe pas de liste fermée : le principe même est que tu ne puisses pas l'anticiper, donc inutile de courir après les annales.

Comment répondre à une question de créativité sans réponse préparée ?

Tu commences à parler avant d'être sûr, tu construis ton idée brique par brique à voix haute, et tu assumes de penser en direct. Puis tu connectes le sujet à toi, à tes valeurs ou à tes centres d'intérêt. Une idée imparfaite déroulée avec plaisir vaut mieux qu'un long silence en quête de perfection.

Pourquoi est-ce que je me fige sur les questions décalées ?

Parce que ton réflexe de bon élève cherche la réponse correcte, et qu'ici il n'y en a pas. Ton cerveau tourne à vide, le silence grandit, la peur de dire une bêtise te bloque. Comprendre que le jury attend du mouvement, pas du génie, suffit déjà à desserrer l'étau.

Le jury note-t-il vraiment mon idée ?

Non. Le jury regarde ta réactivité, ta capacité à raisonner tout haut et à relier la question à ta personnalité. La pertinence ou l'originalité de ton idée pèse très peu. Ce qui compte, c'est comment tu te remets en mouvement après la surprise et comment tu habites la question.


Dans Connect the dots, on t'entraîne précisément à ne plus te figer : un jury qui te lance des questions décalées sans prévenir, et la sécurité de rater pour de faux jusqu'à ce que penser tout haut devienne un réflexe plutôt qu'une épreuve.

Pour resituer la carte Créativité dans l'ensemble du dispositif, lis l'oral d'EM Lyon et son épreuve des quatre cartes. Pour comprendre d'où vient ce goût de l'école pour le brouillon assumé, va voir l'esprit maker d'EM Lyon. Sur le réflexe de fond, l'improvisation à l'oral, ça se prépare et penser sous tension, la leçon de l'oral HEC te donneront de quoi muscler ta réactivité. Et pour replacer tout ça dans le grand tableau, garde sous la main le guide des oraux des écoles de commerce, école par école.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →