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Questions de l'oral emlyon : les 25 déjà tombées, carte par carte

Photo : omid roshan sur Unsplash

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Questions de l'oral emlyon : les 25 déjà tombées, carte par carte

MA·2026-08-09
L'essentiel
  • Vingt-cinq questions ont été rapportées par des candidats sortis de l'épreuve des cartes. Elles ne forment pas une liste à réviser, elles dessinent un registre.
  • Le registre change complètement d'une carte à l'autre : introspectif sur Personnalité, narratif sur Expérience, projectif sur Projet, absurde sur Créativité.
  • Aucune de ces questions ne se prépare par une réponse. Toutes se préparent par une matière : trois ou quatre histoires vécues que tu sais brancher sur n'importe quel thème.
  • Ces formulations viennent de témoignages de candidats, pas d'une publication officielle d'emlyon. Fiables comme registre, jamais comme garantie de tirage.
  • La vraie compétence testée, c'est la vitesse de connexion entre une question imposée et ton propre vécu.

Tu as sans doute déjà lu comment fonctionne l'entretien à 4 cartes d'emlyon : vingt-cinq minutes, deux jurés, quatre cartes tirées au sort, zéro seconde de préparation. Reste la question que tout le monde se pose en refermant la page : qu'est-ce qui tombe, en vrai ? Voici ce que les candidats des dernières sessions ont rapporté, classé par carte. Et surtout, ce que l'on peut en faire.

Quelles questions tombent sur la carte Personnalité ?

Les questions de la carte Personnalité sont presque toujours détournées : le jury ne demande pas qui tu es, il te demande de te comparer à un objet, à une couleur, à un mot, pour voir si tu sais te regarder de biais.

Sept formulations reviennent :

1. Si vous étiez une couleur, laquelle seriez-vous et pourquoi ? 2. Décrivez un emoji qui vous ressemble. 3. Si vous étiez un objet du quotidien, lequel seriez-vous et pourquoi ? 4. Quel est le mot qui vous définit le mieux ? 5. Qu'est-ce que les autres sous-estiment chez vous ? 6. Que pensez-vous de la discrimination positive ? 7. Êtes-vous plutôt quelqu'un de court terme ou de long terme, d'aujourd'hui ou de demain ?

Tu vois la mécanique : six questions sur sept passent par une métaphore. Ce n'est pas de la fantaisie, c'est un filtre. Un candidat qui a appris ses trois adjectifs par cœur ne peut pas les recracher sur « une couleur », il doit fabriquer quelque chose devant le jury. Et la septième, celle sur la discrimination positive, joue le rôle inverse : elle te sort du registre intime pour tester si tu sais nuancer une opinion sans la trancher à la hache.

Le piège de cette carte, c'est de répondre par des qualités. La parade est développée en détail dans la carte Personnalité d'emlyon : une scène vécue vaut dix adjectifs récités. « Je suis tenace » ne prouve rien, la matinée où tu as recommencé ton dossier associatif pour la quatrième fois prouve tout.

Quelles questions tombent sur la carte Expérience ?

Les questions de la carte Expérience demandent toutes un récit, jamais un bilan : le jury impose une situation type et attend que tu ailles chercher un moment précis de ta vie qui y correspond.

Quatre formulations reviennent :

8. Racontez une expérience dans laquelle vous avez dû vous adapter. 9. Parlez-nous d'une situation imprévue que vous avez dû résoudre. 10. Quelle expérience vous a permis de comprendre l'importance du travail d'équipe ? 11. Parlez-nous d'un échec et de la façon dont vous avez rebondi.

Quatre questions, quatre entrées différentes vers la même chose : est-ce que tu as fait des choses, et est-ce que tu es capable d'en tirer un enseignement plutôt que de les raconter platement ? Dans une école qui se définit par le passage à l'acte, l'absence de « faire » est un décalage frontal avec son identité. Un candidat qui n'a que des intentions se repère en deux minutes sur cette carte.

L'erreur classique, c'est de finir son récit par une morale plaquée du type « j'ai développé mon sens du leadership ». La carte Expérience d'emlyon montre comment transformer un vécu en preuve sans passer par ce vernis. Et sur la question de l'échec, qui tombe partout et pas seulement à Lyon, la façon de choisir l'histoire compte plus que l'histoire elle-même.

Quelles questions tombent sur la carte Projet ?

Les questions de la carte Projet te projettent dans un futur daté ou chiffré, ce qui rend impossible la réponse d'évitement : impossible de dire « je verrai » face à une année précise ou à une somme précise.

Cinq formulations reviennent :

12. Où vous voyez-vous en 2030 ? 13. Quel est votre plus grand rêve et que faites-vous pour le réaliser ? 14. Décrivez votre métier de rêve, qu'il existe déjà ou qu'il soit fictif. 15. Si vous deviez lancer un projet de développement durable, lequel choisiriez-vous ? 16. Vous avez 1 million d'euros, dans quelle start-up l'investissez-vous ?

Regarde la question 13 de près : elle est en deux temps, et le second temps (« que faites-vous pour le réaliser ? ») est celui qui note. Un rêve sans commencement d'exécution, chez emlyon, ne pèse rien. Même logique pour la question du million : ce que le jury teste, ce n'est pas ta culture des start-up, c'est ton rapport au risque et ta capacité à justifier un choix engageant en direct.

Cette carte est aussi celle de la cohérence. Elle recoupe les trois autres : un projet qui n'a aucun lien avec l'expérience racontée dix minutes plus tôt se voit immédiatement. La carte Projet d'emlyon détaille comment tenir une direction qui résiste aux relances, même quand le projet professionnel n'est pas encore stabilisé, ce qui est le cas de la majorité des candidats et n'a rien de disqualifiant.

Quelles questions tombent sur la carte Créativité ?

Les questions de la carte Créativité sont volontairement décalées, parfois absurdes, et n'appellent aucune bonne réponse : elles mesurent une réaction à un stimulus non anticipable.

Huit formulations reviennent :

17. Comment réinventeriez-vous un fast-food ? 18. Si vous pouviez créer un objet high-tech, lequel serait-il ? 19. Inventez un concept de téléréalité qui favoriserait la créativité. 20. Si vous deviez réinventer un produit du quotidien, lequel choisiriez-vous ? 21. Quelle est la dernière idée que vous avez eue dont vous êtes fier ? 22. De quel instrument voudriez-vous jouer instantanément ? 23. En quoi l'architecture influence-t-elle vos projections créatives ? 24. Vous êtes chez vous, il n'y a plus d'électricité et votre portable est déchargé : que faites-vous ?

Le fast-food est la question la plus citée, tombée sur plusieurs sessions. C'est aussi la plus mal traitée, parce que les candidats cherchent l'idée géniale au lieu de montrer un cheminement. Or ce qui est noté ici, c'est la façon dont tu attrapes le sujet, pas la valeur commerciale de ta trouvaille. Se figer, dire « je ne sais pas », ou ramener la question vers un terrain que tu avais préparé : voilà les trois manières de perdre cette carte. La carte Créativité d'emlyon va plus loin sur ce point, et sa conclusion tient en une ligne : une idée imparfaite dite à voix haute bat toujours un silence.

Et la question qui tombe hors des cartes ?

Une vingt-cinquième question revient systématiquement, en fin d'entretien et en dehors du jeu de cartes.

25. Y a-t-il autre chose dont vous voudriez nous parler ?

Elle passe pour une politesse. Elle n'en est pas une. C'est la seule minute de l'épreuve où tu reprends la main sur le contenu, après vingt minutes où le tirage a décidé pour toi. Si une carte t'a empêché de dire quelque chose d'essentiel, c'est ici que ça se rattrape. Prépare une réponse à celle-là, c'est la seule.

Les cinq minutes de clôture ramènent aussi les questions plus classiques, celles que l'on retrouve dans toutes les écoles : ton parcours, ton associatif, et pourquoi emlyon. Sur ce dernier point, l'école attend que tu parles de ce que tu as lancé, pas de son classement, ce qui découle directement de son identité early maker.

Comment se préparer à des questions que l'on ne peut pas réviser ?

On ne prépare pas des réponses, on prépare une matière : un stock de trois ou quatre histoires vécues, denses, que l'on sait raconter sous quatre angles différents.

Prends les vingt-cinq questions ci-dessus et fais l'exercice inverse de la révision. Choisis une seule de tes histoires, par exemple le projet que tu as monté en première année. Puis force-la sur quatre cartes : qu'est-ce qu'elle dit de ta personnalité, quel imprévu elle t'a fait résoudre, vers quoi elle te dirige, et quelle idée décalée elle t'a donnée. Une histoire qui tient sur les quatre est une histoire réversible. Trois histoires réversibles suffisent à tenir vingt-cinq minutes.

Le reste est de l'entraînement à froid, sans filet, sur des questions que tu n'as pas choisies. C'est tout le sujet de l'improvisation, qui se prépare.

FAQ

Ces 25 questions sont-elles officielles ?

Non. emlyon ne publie ni liste de questions, ni rapport de jury pour cet oral. Ces formulations proviennent de compilations de témoignages de candidats. Elles sont fiables comme registre et comme type de sollicitation, jamais comme liste exhaustive ni comme garantie de ce qui sera tiré.

Faut-il apprendre ces questions par cœur ?

Surtout pas, et c'est même le contre-emploi exact du format. Le tirage aléatoire dans un jeu large existe précisément pour rendre le par-cœur inopérant. Sers-toi de la liste pour repérer les quatre registres, puis entraîne-toi sur des questions inventées dans le même esprit.

Puis-je choisir par quelle carte je commence ?

Oui. Le candidat choisit la carte qu'il traite en premier, et le jury impose ensuite l'ordre des trois autres. Cela signifie qu'une seule décision t'appartient dans toute l'épreuve, donc autant l'avoir anticipée : commence par la carte sur laquelle ta matière est la plus solide.

Que se passe-t-il si une question ne m'inspire rien ?

Pense à voix haute et pars d'un exemple concret plutôt que de chercher la réponse parfaite en silence. Un raisonnement sincère qui se cherche est mieux reçu qu'une réponse lisse sortie de nulle part. Se relancer après un blanc est même un signal favorable dans un format conçu pour déstabiliser.

Les questions sont-elles les mêmes chaque année ?

Certaines reviennent, comme le fast-food ou l'année 2030, mais le jeu de cartes est trop large pour que l'on parle d'un stock stable. Compte sur les registres, pas sur les formulations. Une question inédite dans un registre connu ne te surprendra pas.


Dans Connect the dots, tu t'entraînes à l'épreuve des cartes dans son format réel : tirage aléatoire, réponse immédiate, relances du jury sur ce que tu viens de dire. Pour que le jour J, la seule chose imprévisible soit la carte, pas ta capacité à y répondre.

Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.

Marine Adatto Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots
20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →