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Géopolitique et stratégie d'entreprise : la recherche HEC qui te rend rare à l'oral
- Une publication récente de Knowledge@HEC, signée Olivier Chatain, professeur de stratégie à HEC Paris, défend une idée forte : la géopolitique n'est plus une affaire d'États extérieure à l'entreprise, elle redessine en profondeur la façon dont les entreprises doivent s'organiser.
- L'argument central : « la coercition voyage par les liens économiques », donc une entreprise doit cartographier ses dépendances (chaînes d'approvisionnement, réseaux financiers, infrastructures numériques) avant que quelqu'un ne s'en serve comme d'un levier de pression.
- Connaître cette recherche te donne de la matière pour la culture générale, pour le « pourquoi cette école » et pour montrer un vrai fit intellectuel avec HEC, sans jamais réciter.
- Le piège mortel : faire semblant d'avoir lu. Le jury sent immédiatement la fiche apprise par cœur. Il s'agit non pas d'étaler, il s'agit de connecter.
Il y a une chose que presque aucun candidat ne fait avant un oral d'école de commerce : aller lire ce que les professeurs de l'école écrivent vraiment. On révise les chiffres clés, le classement, les associations, la vie étudiante. Et on passe à côté de l'identité intellectuelle de l'école, c'est-à-dire ce qu'elle cherche, ce qu'elle pense, ce qui l'anime. C'est dommage, parce que c'est exactement là que se loge la rareté. Quand tu cites une idée de recherche de l'école et que tu la connectes à toi, tu cesses d'être un dossier de plus. Prenons un exemple récent et solide, une publication de la plateforme Knowledge@HEC, et regardons comment elle peut travailler pour toi à l'oral.
L'idée de la recherche HEC, décryptée
Dans un article publié sur Knowledge@HEC, Olivier Chatain, professeur de stratégie et de politique d'entreprise à HEC Paris, soutient que la géopolitique « recâble » la stratégie des entreprises. Son point de départ est simple et puissant : on a longtemps traité la géopolitique comme un risque externe, quelque chose qui arrive aux États et que l'entreprise subit de loin. Faux, dit Chatain. La coercition voyage désormais par les liens économiques eux-mêmes. Autrement dit, ce qui vous relie au reste du monde, vos fournisseurs, vos flux financiers, vos outils numériques, devient aussi ce par quoi on peut faire pression sur vous.
De là, plusieurs idées qu'il développe. D'abord, les dépendances comme point de départ : une entreprise devrait cartographier ses chaînes d'approvisionnement, ses réseaux financiers et ses dépendances numériques avec la même rigueur qu'elle applique à ses indicateurs de performance. Comprendre par où la pression peut se transmettre vaut autant que suivre son chiffre d'affaires.
Ensuite, une idée qui surprend : les « ennuyeuses infrastructures » deviennent des points de pression. Chatain prend l'exemple des systèmes de paiement. Ce qui semble le plus banal, le plus technique, le plus invisible, peut se transformer en arme quand cela se concentre entre les mains de quelques acteurs liés à une autorité étatique. Il évoque aussi l'approvisionnement (le « procurement ») comme un acte devenu géopolitique : choisir un fournisseur, c'est désormais anticiper des scénarios d'exclusion et se ménager une seconde source crédible, qui ne soit pas vulnérable aux mêmes pressions.
Enfin, deux idées plus larges. La résilience, dans des secteurs très concentrés, ne peut parfois émerger que par la coopération entre entreprises, alignée avec la politique publique (il cite le besoin européen d'infrastructures numériques partagées). Et l'entreprise devient une sorte de forum interne, un espace où les parties prenantes discutent de l'exposition géopolitique et des valeurs, ce qui étend la responsabilité de gouvernance au-delà des frontières habituelles de la firme. L'article s'appuie sur les travaux du HEC Lab for Business & Geopolitics.
Pourquoi ça dit quelque chose de l'école
Cette publication n'est pas un texte isolé. Elle est rattachée à un laboratoire dédié, le HEC Lab for Business & Geopolitics, et portée par un professeur de stratégie. Cela te dit deux choses sur HEC. D'une part, l'école assume une lecture de la stratégie qui ne se limite pas à la maximisation du profit ou aux matrices classiques : elle intègre le pouvoir, l'État, les rapports de force entre nations. D'autre part, HEC se pense comme un lieu qui forme des dirigeants capables de naviguer cette complexité, de croiser les disciplines, d'escalader un sujet qui ne rentre dans aucun indicateur standard.
Comprendre cela, c'est saisir l'identité intellectuelle de l'école. Une chaire ou un laboratoire de recherche, ce n'est pas un détail administratif, c'est une déclaration sur ce que l'école juge important. Quand tu sais qu'HEC a un labo Business & Geopolitics, tu sais quelque chose de vrai sur sa vision du management. Et c'est précisément le genre de connaissance qui transforme un « pourquoi HEC » générique en réponse incarnée. Pour aller plus loin sur cette logique, va voir notre article pilier sur les chaires de recherche de HEC, l'ESSEC et l'ESCP à l'oral.
Comment t'en servir à ton oral HEC
Attention, le but n'est pas de réciter le résumé ci-dessus. Le but est d'avoir cette matière en toi pour t'en servir au bon moment. Voici cinq angles.
Premier angle, la culture générale vivante. Sur une question d'actualité (souveraineté européenne, guerre commerciale, dépendance aux semi-conducteurs ou aux paiements), tu peux mobiliser l'idée que « la coercition voyage par les liens économiques » comme grille de lecture. Tu ne cites pas pour citer, tu éclaires. Notre méthode dédiée est ici : mobiliser sa culture générale à l'oral sans réciter.
Deuxième angle, le « pourquoi cette école ». Tu peux dire, avec tes mots, que la façon dont HEC pense la stratégie, en y intégrant la géopolitique, correspond à ta propre curiosité. C'est mille fois plus fort que « HEC est numéro un ». Pour structurer ça : répondre à « pourquoi cette école » à l'oral.
Troisième angle, la question au jury. Demander, par exemple, comment l'école articule sa recherche sur la géopolitique avec l'enseignement, c'est montrer une curiosité réelle et renverser doucement la dynamique. Un candidat qui pose une bonne question reste en mémoire.
Quatrième angle, la mise en perspective. Si on te parle de ton projet professionnel dans un secteur exposé (énergie, tech, finance, industrie), tu peux mobiliser l'idée des dépendances à cartographier pour montrer que tu penses comme un stratège, pas seulement comme un exécutant.
Cinquième angle, la rareté pure. La plupart des candidats n'ont jamais lu une ligne de la recherche de l'école. Toi si. Cet écart fait toute la différence entre un candidat propre et un candidat rare, un sujet que l'on creuse ici : candidat propre, candidat rare à l'oral. Et pour le format spécifique d'HEC : le triptyque HEC, mode d'emploi.
Le piège de la référence plaquée
Le piège, c'est de transformer cette fiche en numéro de récitation. Si tu débites « Olivier Chatain dit que la coercition voyage par les liens économiques » comme une carte apprise, le jury verra exactement ce que c'est : un placage. Pire, si tu prétends avoir lu sans avoir compris, la première question de relance te fera tomber. Il ne s'agit pas de prouver que tu as lu, il s'agit de penser avec ce que tu as lu. Donc lis vraiment, comprends l'idée, garde-en une ou deux, et ressors-la seulement quand elle sert le propos. Une idée mobilisée à propos vaut dix citations plaquées.
FAQ
Faut-il avoir lu tout l'article pour en parler ?
Non. Il vaut mieux avoir vraiment compris une idée forte que survolé dix articles. Retiens l'argument central et un exemple concret (ici, les systèmes de paiement comme point de pression), et sois honnête sur le reste.
Et si le jury n'est pas spécialiste de stratégie ou de géopolitique ?
Ce n'est pas grave, au contraire. Ton rôle n'est pas de tester le jury, c'est de montrer ta curiosité et ta capacité à connecter une idée à l'actualité ou à ton projet. La clarté compte plus que la technicité.
Comment trouver ce genre de publication ?
Va sur la plateforme de recherche de l'école, ici Knowledge@HEC sur le site hec.edu, et repère un article récent, accessible, signé d'un professeur. Choisis un thème qui te parle vraiment, parce que tu en parleras mieux.
Est-ce que ça marche pour les autres écoles ?
Oui, chaque grande école a sa plateforme et ses chaires. Pour l'ESSEC, vois par exemple la recherche ESSEC sur l'IA et la gouvernance à l'oral et l'entretien de personnalité ESSEC ; pour l'ESCP, l'oral de personnalité ESCP ; pour l'EM Lyon, l'esprit maker et comprendre la CSRD à l'oral.
Par où commencer ma préparation des oraux dans son ensemble ?
Pose les fondations avec notre panorama des oraux des écoles de commerce, école par école, puis reviens travailler tes angles personnels.
Connaître la recherche d'une école, c'est prendre une longueur d'avance que presque personne ne prend. Mais la vraie magie n'est pas de savoir qu'Olivier Chatain travaille sur la géopolitique : c'est de connecter cette idée à ton histoire, à ton projet, à la façon dont toi tu penses le monde. Cette connexion fine, celle qui fait dire au jury « celui-là, on le veut », elle se travaille, elle se répète, elle se calibre. Pendant que les autres réciteront trois lignes apprises la veille, tu auras construit une parole qui tient. Les oraux ne se rejouent pas. C'est précisément pour ça que ce travail-là se prépare en amont, et sérieusement.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →