Photo : Derek Oyen sur Unsplash
Recherche EDHEC sur le climat : jusqu’à 40 % de la valeur des actions en jeu
- L'EDHEC abrite un institut dédié au climat et à la finance, l'EDHEC-Risk Climate Impact Institute, dont une étude phare mesure l'effet du risque climatique sur la valeur des actions mondiales.
- L'idée à retenir : selon l'agressivité des politiques de réduction des émissions, l'écart de valorisation des actions par rapport à un monde sans dommages climatiques va de quelques points de pourcentage à plus de quarante pour cent.
- Connaître cette recherche, c'est montrer au jury que tu as compris pourquoi l'EDHEC se positionne sur la finance et le climat, donc pourquoi tu veux cette école précisément.
- La règle du jeu n'est pas de réciter l'étude, il s'agit de t'en servir comme d'un point d'appui pour penser devant le jury.
Tu prépares l'oral de l'EDHEC et tu cherches ce qui va te rendre rare. La plupart des candidats arrivent avec les mêmes phrases sur l'international, l'associatif et le « cadre stimulant ». Très bien, mais cela ne te distingue de personne. Ce qui te distingue, c'est de pouvoir connecter ton intérêt à quelque chose que l'école produit vraiment : sa recherche. Et l'EDHEC a une carte forte de ce côté, la finance et le climat. On va décrypter une étude réelle, fidèlement, puis je te donne des angles pour la mobiliser sans jamais la réciter.
Le risque climatique et la valeur des actions : l’idée décryptée
L'étude s'appelle « The Impact of Physical Climate Risk on the Valuation of Global Equity Assets ». Elle est signée par Riccardo Rebonato, Dherminder Kainth et Lionel Melin, chercheurs liés à l'EDHEC-Risk Climate Impact Institute, et publiée dans la revue académique Environmental and Resource Economics en 2025.
La question de départ est simple à formuler, donc redoutable : combien vaut aujourd'hui un portefeuille d'actions mondiales si l'on tient compte des dommages physiques du changement climatique ? Par dommages physiques, on entend les dégâts concrets, les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur, tout ce qui réduit la production économique. La plupart du temps, le débat se concentre sur le risque de transition, c'est-à-dire le coût de passer à une économie bas carbone. Ici, les chercheurs regardent l'autre versant, le risque physique, qui reste moins exploré.
Leur démarche est probabiliste. Plutôt que de retenir un seul scénario, ils modélisent tout un éventail de futurs possibles, économiques et climatiques, avec leurs incertitudes. C'est précisément ce qui rend le travail intéressant : il ne dit pas « voici ce qui va arriver », il dit « voici la fourchette de ce qui pourrait arriver, et voilà ce que cela fait à la valeur des actions ».
Le résultat que l'on retient : l'écart de valorisation, par rapport à un monde sans dommages climatiques, va de quelques points de pourcentage à plus de quarante pour cent. Tout dépend de l'agressivité des politiques de réduction des émissions, de la présence de points de bascule climatiques, et de la façon dont les taux d'intérêt réagissent dans les périodes de faible consommation. La conclusion des auteurs est peut-être le plus stimulant : les valorisations actuelles du marché supposent soit une action climatique très forte et efficace, soit un climat sans effet notable sur l'économie. Or aucune des deux hypothèses ne paraît évidente. Autrement dit, il y a un décalage possible entre ce que le marché price et ce que le climat fera réellement.
Ce que cette recherche dit de l’EDHEC
Une école qui finance un institut entier sur le climat et la finance ne le fait pas par hasard. Cela raconte un positionnement : l'EDHEC veut être identifiée comme une référence sur la gestion des risques, la gestion d'actifs et l'investissement responsable, pas seulement comme une grande école généraliste de plus. La finance est historiquement un terrain fort de l'école, et le climat est l'angle par lequel elle modernise cette force.
Pour toi, candidat, c'est un cadeau. Cela te donne une réponse non bateau à la question « pourquoi cette école ». Tu ne dis plus « pour son rayonnement », tu dis « parce que l'EDHEC pense la finance de demain, et voici ce que cela me fait ». Si tu veux creuser cette mécanique du fit intellectuel, regarde comment fonctionne la question pourquoi cette école à l'oral, et plus largement ce qui sépare un candidat propre d'un candidat rare.
Comment mobiliser cette recherche EDHEC à ton oral ?
Voici plusieurs angles. Aucun n'est une réponse rédigée, à toi de la construire avec ta propre histoire.
- L'angle « curiosité réelle ». Tu mentionnes que l'école produit cette recherche sur le risque climatique et la valeur des actions, et tu dis ce qui t'a accroché : l'idée que le marché price peut-être mal un risque énorme. Une curiosité sincère se sent, donc travaille ce qui t'intéresse vraiment, pas ce que tu crois devoir dire.
- L'angle « culture générale connectée ». Si le jury te lance sur l'actualité économique, la transition énergétique ou la finance durable, tu as un point d'appui solide et propre à l'école. Tu connectes l'actu à une recherche concrète au lieu de rester dans le commentaire vague. La méthode pour faire cela sans réciter est détaillée dans mobiliser sa culture générale à l'oral sans réciter.
- L'angle « fit avec ton projet ». Si tu vises la gestion d'actifs, le conseil, l'assurance ou la finance d'infrastructure, le risque climatique est devenu un sujet de métier, pas une posture militante. Tu peux montrer que tu comprends pourquoi un futur professionnel doit savoir lire ces risques.
- L'angle « penser, pas répéter ». Le plus fort, c'est de rebondir. Tu poses une question ouverte du type : que se passe-t-il si le marché se réveille d'un coup sur ce décalage de valorisation ? Tu n'as pas à trancher, tu montres que tu sais réfléchir devant eux.
- L'angle « école dans son écosystème ». Tu peux relier la recherche de l'EDHEC à ce que font d'autres écoles sur d'autres sujets, par exemple la recherche de l'ESSEC sur l'IA et la gouvernance, pour montrer que tu as une vraie carte des grandes écoles et de leurs spécialités.
Le piège
Le piège est double. Premièrement, réciter. Si tu balances « plus de quarante pour cent de la valeur des actions est en jeu » comme une formule apprise, sans la comprendre, le jury le verra en une question de relance. Tu dois pouvoir expliquer pourquoi, avec tes mots, simplement.
Deuxièmement, faire semblant d'avoir lu l'étude. Ne prétends jamais avoir lu un papier de recherche académique que tu n'as pas lu. Dis honnêtement que tu as découvert les travaux de l'institut de l'EDHEC sur le climat et la finance, et que telle idée t'a marqué. L'honnêteté tient, le bluff casse. Le but n'est pas d'impressionner par le vocabulaire, il s'agit de montrer une tête qui pense. Pour replacer cet oral dans l'ensemble de l'épreuve, garde en tête le format propre à l'école dans l'oral de l'EDHEC et sa trilogie, et la vue d'ensemble des oraux des écoles de commerce école par école.
FAQ
Faut-il avoir lu l’étude en entier pour en parler ?
Non, et personne ne l'attend de toi. Tu dois comprendre l'idée centrale et savoir l'expliquer simplement. Lire le résumé et la présentation de l'institut suffit largement pour parler juste, à condition de ne pas surjouer.
Est-ce que ce sujet n’est pas trop technique pour un oral de personnalité ?
Non, parce que tu ne récites pas un modèle financier, tu mobilises une idée. Le jury ne te teste pas en mathématiques, il regarde ta curiosité et ta capacité à connecter. La technicité reste en arrière-plan, c'est ta façon de penser qui compte.
Et si le jury ne me pose aucune question sur le climat ou la finance ?
Tu n'es pas obligé de la forcer. Tu la gardes en réserve comme munition pour la question « pourquoi l'EDHEC » ou pour un échange sur l'actualité. Une bonne préparation, c'est avoir des cartes en main que l'on joue au bon moment, pas réciter coûte que coûte.
Comment citer la recherche sans avoir l’air de réciter une fiche ?
Tu la racontes comme une chose qui t'a intéressé, pas comme une définition. Tu dis ce qui t'a surpris, tu poses une question, tu relies à ton projet. Le ton oral et personnel fait toute la différence avec le réflexe scolaire.
Cette recherche est-elle propre à l’EDHEC ?
L'institut qui la porte, l'EDHEC-Risk Climate Impact Institute, est bien rattaché à l'EDHEC. C'est ce qui en fait un excellent levier pour le « pourquoi cette école ». Sur le rôle plus large des centres de recherche dans les oraux, regarde le panorama des chaires de recherche d'HEC, l'ESSEC et l'ESCP à l'oral.
Pendant que les autres candidats récitent trois généralités sur l'international, toi tu arrives avec une vraie idée connectée à ce que l'école produit. C'est exactement ce qui prend une longueur d'avance. Connecter ta propre histoire à la bonne recherche, au bon moment, sans réciter, cela se travaille en amont, jury par jury, école par école. Les oraux ne se rejouent pas : on n'a qu'une fois la chance d'être celui que le jury n'oublie pas.
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →