Recherche HEC, Augustin Landier : la finance comportementale pour décrypter les biais des marchés à l’oral
- Augustin Landier est professeur de finance à HEC Paris et titulaire de la chaire Value Investing HEC (chaire Jean-Marie Eveillard). Sa recherche porte sur la finance comportementale : comment les investisseurs se trompent, et pourquoi.
- Son travail casse un cliché tenace : la finance ne serait que des maths pures et des marchés froids et rationnels. Landier montre l'inverse. Les marchés sont peuplés d'humains qui surréagissent.
- Angle oral : tu tiens là une grille de culture éco rare, celle du biais de marché, que presque aucun candidat ne mobilise. De quoi transformer une question sur la finance en réponse qui respire.
- À mailler avec les autres chercheurs HEC des biais : Olivier Sibony sur les biais cognitifs et Itzhak Gilboa sur la décision en incertitude.
Voilà une chose que l'on te dira rarement en prépa : presque personne ne va lire la recherche des profs de l'école qu'il vise. On révise les fiches pays, on ressort les mêmes trois auteurs de culture générale, et on arrive à l'oral avec exactement la même besace que le candidat d'avant. Or le jury, lui, a passé la journée à écouter ces mêmes références. Ce qui le réveille, c'est quand tu arrives avec une grille de lecture qu'il n'attendait pas. Et la recherche d'un professeur maison, c'est précisément ça : un angle que l'on ne trouve nulle part ailleurs, et qui prouve que tu t'es intéressé à HEC pour de bon.
Alors installons-nous une minute sur Augustin Landier.
En quoi la finance comportementale d'Augustin Landier montre-t-elle que les marchés surréagissent ?
Commençons par le personnage, parce qu'il pose le décor. Augustin Landier est professeur de finance à HEC Paris, avec un parcours qui force le respect : il a enseigné à Harvard, Princeton, NYU, Chicago et Toulouse avant de rejoindre HEC. En 2014, le Cercle des économistes l'a nommé « meilleur jeune économiste ». Sa recherche, dit l'école, porte « principalement sur la finance comportementale, la gestion d'actifs, la banque et la finance d'entreprise ».
Retiens ces deux mots : finance comportementale. C'est le champ qui étudie une idée simple et dérangeante. Les investisseurs ne sont pas des machines à calculer parfaitement. Ce sont des humains, avec des émotions, des raccourcis mentaux, des biais de marché. Et ces biais, mis bout à bout, font bouger les prix des actifs.
Prenons une de ses publications, réelle et attribuée, pour rendre ça concret. En 2023, Landier publie avec Hassan Afrouzi, Spencer Kwon, Yueran Ma et David Thesmar un article dans le Quarterly Journal of Economics, une des revues les plus exigeantes de la discipline : « Overreaction in Expectations: Evidence and Theory ». En français : la surréaction dans les anticipations.
Le résultat, dit simplement, tient en une phrase. Quand les gens forment une prévision, ils surréagissent à l'information la plus récente. Une bonne nouvelle tombe, ils s'emballent trop. Une mauvaise tombe, ils noircissent trop. Et le point le plus fin, celui qui fait mouche à l'oral : cette surréaction est d'autant plus forte que l'horizon est lointain et que le phénomène est peu prévisible. Autrement dit, plus on essaie de deviner loin, dans le flou, plus on se laisse déborder par le dernier signal reçu.
Traduis ça pour le jury, et tu obtiens une phrase qui claque : les marchés ne réagissent pas à la réalité, ils réagissent à leur propre emballement face à la dernière nouvelle. Le prix d'une action, ce n'est pas la vérité froide sur une entreprise. C'est la somme des surréactions de milliers d'investisseurs. Voilà ce que veut dire, très concrètement, « les marchés ne sont pas rationnels ».
Ce que cette recherche dit de l'école
Ce qui est beau, ici, c'est que le sujet colle à l'ADN de HEC. Landier n'est pas un chercheur isolé dans son bureau. Il tient la chaire Value Investing HEC, la chaire Jean-Marie Eveillard, née d'un don d'1,5 million d'euros de ce diplômé HEC devenu l'un des plus grands investisseurs « value » de l'histoire. Et cette chaire promeut, noir sur blanc, « la recherche et l'enseignement en finance comportementale et en value investing ».
Prends une seconde pour goûter le lien. Le value investing, c'est l'école d'investissement qui consiste à acheter une entreprise pour sa valeur réelle quand le marché, lui, se trompe sur son prix. Ça ne marche que si l'on admet une chose : le marché se trompe. La finance comportementale de Landier, c'est la démonstration scientifique de ce pari. Les deux se répondent.
Ce que ça te dit de HEC, c'est que l'école ne forme pas des exécutants qui récitent des formules. Elle forme des gens capables de repérer où le collectif s'emballe et de garder la tête froide. Si tu montres au jury que tu as compris ça, tu ne parles plus « d'une école de commerce ». Tu parles de HEC, précisément, avec ses idées à elle.
Comment mobiliser cette recherche à ton oral ?
- Sur une question finance ou éco. Si l'on te pousse vers « la finance, c'est des maths », renverse la table avec Landier : la finance comportementale montre que les marchés surréagissent à la dernière nouvelle. Tu casses le cliché au lieu de le subir.
- Sur une question d'actualité (krach, bulle, emballement boursier). Tu as ta grille de lecture toute prête : ce n'est pas la réalité qui a changé d'un coup, c'est la surréaction des investisseurs à un signal récent. Nomme l'auteur, nomme la chaire.
- Sur le « pourquoi HEC ». Relie la chaire Value Investing au projet de l'école : garder la tête froide quand le collectif s'emballe. Ça montre que tu as regardé ce que HEC produit vraiment, pas sa brochure. On creuse ça dans pourquoi HEC à l'oral.
- Sur un sujet plus large de décision et d'incertitude. Connecte Landier aux autres chercheurs maison : les biais cognitifs vus par Olivier Sibony et la décision en incertitude chez Itzhak Gilboa. Trois angles, une même intuition : l'humain qui décide n'est pas la machine parfaite des manuels.
- Pour prendre de la hauteur. Une phrase de synthèse à garder en poche : « la valeur d'un actif, ce n'est pas une vérité, c'est une croyance collective qui surréagit. » Tu montres que tu penses, pas que tu récites.
Le piège à éviter
Le piège, c'est de transformer Landier en slogan et de le sortir à toutes les sauces. « Les marchés sont irrationnels ! », lancé de façon péremptoire, ça sonne creux et le jury le sent tout de suite. La recherche est plus fine que ça, et c'est justement sa finesse qui te distingue. Landier ne dit pas « tout est irrationnel, c'est le chaos ». Il montre un biais précis, mesuré, modélisé : la surréaction, plus forte sur les horizons lointains.
L'autre piège, c'est d'inventer. Ne va pas prêter à Landier une phrase qu'il n'a pas dite, ni une revue ou une date que tu n'as pas vérifiée. Si le jury creuse et que ça sonne faux, tu perds tout le bénéfice. Reste sur ce qui est solide : le champ (finance comportementale), la chaire (Value Investing / Jean-Marie Eveillard), un résultat attribué (la surréaction). C'est déjà largement de quoi te démarquer.
Et là est tout l'art de l'oral : ne pas tout donner d'un coup, mais poser une idée juste, la tenir, et laisser le jury avoir envie d'en savoir plus. Cette manière de doser, de choisir le bon angle et de le porter avec assurance, ça se travaille. C'est exactement ce que l'on affine ensemble dans la préparation aux oraux Connect the dots, école par école : transformer une lecture rare en réponse qui te ressemble et que le jury retient.
FAQ
Qui est Augustin Landier et pourquoi le citer à l'oral HEC ?
Augustin Landier est professeur de finance à HEC Paris et titulaire de la chaire Value Investing (chaire Jean-Marie Eveillard). Le citer, c'est prouver au jury que tu t'es intéressé à la recherche produite dans l'école que tu vises, et pas seulement à sa réputation. C'est un angle de culture éco que presque personne n'apporte.
Qu'est-ce que la finance comportementale, en une phrase pour l'oral ?
C'est le champ qui étudie comment les investisseurs se trompent : au lieu de calculer froidement, ils suivent des émotions et des raccourcis mentaux qui font bouger les prix. En clair, les marchés sont faits d'humains, donc de biais.
Que dit précisément la recherche de Landier sur les biais de marché ?
Dans son article « Overreaction in Expectations » (Quarterly Journal of Economics, 2023), écrit avec plusieurs co-auteurs dont David Thesmar, il montre que les gens surréagissent à l'information la plus récente quand ils forment une prévision, et que cette surréaction est plus forte sur les horizons lointains. C'est une preuve mesurée que les marchés ne sont pas parfaitement rationnels.
Comment relier cette recherche à d'autres références pour aller plus loin ?
Connecte-la aux autres chercheurs HEC qui travaillent sur la décision imparfaite : Olivier Sibony sur les biais cognitifs et Itzhak Gilboa sur la décision en incertitude. Tu peux aussi la replacer dans le paysage des chaires de recherche de HEC, l'ESSEC et l'ESCP à l'oral. Trois angles reliés valent mieux qu'une référence isolée.]
Avec la méthode Connect the dots, tu comprends d'abord qui tu es, tu construis ton récit et tu t'entraînes au format réel de ton jury, école par école. De bout en bout, à ton rythme.
Marine Adatto · fondatrice de Connect the dots20 ans à rendre dirigeants et marques mémorables (TF1, La Légende). À propos →